Dans son recueil de nouvelles intitulé Boccacce, tout un symbole, Marco Lodoli raconte l’histoire poignante de Dinamo Cosi. C’est l’histoire de beaucoup d’auteurs dont le manuscrit rédigé après des années d’un dur labeur est refusé par les éditeurs. Sans qu’il ait été réellement examiné. Dinamo Cosi ne comprend pas ce qui lui arrive. Il croyait qu’il pouvait compter sur l’éditeur à qui il a envoyé son manuscrit. N’était-il pas un ami d’enfance ? Peine perdue.

A ses yeux, il n’existe plus. Mais surtout, son manuscrit est en réalité illisible et inintéressant. Cette déconvenue prend un tour dramatique, car Dinamo Cosi par un tragique concours de circonstances en meurt. Or cette déconvenue aurait pu être évitée. Il lui aurait simplement fallu pouvoir bénéficier d’une assistance littéraire. Cette assistance, aujourd’hui, n’importe quel l’auteur peut y avoir accès.  Grâce à l’IA.  

L’Intelligence Artificielle, une technologie incontournable

L’Intelligence Artificielle, une technologie incontournable - coollibri.com
L’Intelligence Artificielle, une technologie incontournable – coollibri.com

En très peu d’années, l’Intelligence Artificielle a révolutionné les méthodes de travail. Et c’est loin d’être fini. Il ne se passe guère de semaine sans qu’apparaissent de nouvelles IA encore plus perfectionnées que celles qui existent déjà.

Différentes catégories d’IA

On est désormais bien loin de l’époque où quand on parlait d’IA on parlait quasi exclusivement d’Open AI et de ChatGPT. Il y a ainsi aujourd’hui plusieurs milliers d’IA. On peut les répartir en une dizaine de catégories.

Celle qui concerne plus particulièrement l’écriture regroupe principalement les IA conversationnelles.  Parmi les plus connues, outre ChatGPT, on trouve Gemini, Claude, Copilot, Perplexity, Pi ou encore Grok.

IA tout en un

Et toutes ces IA modifient sans cesse leur version pour être encore plus performantes. Pour ne prendre que celle-là, ChatGPt a ainsi lancé en mars 2026 sa nouvelle version GPT 5.4 Thinking.

Au point qu’il existe désormais des IA dont la tâche est d’intégrer sous un même chapeau une sélection d’IA de pointe pour proposer un service tout en un. A chaque utilisateur de choisir le modèle qui lui convient le mieux suivant le travail à accomplir.

C’est le cas notamment d’une IA comme Use IA.

De fait, on peut dire qu’une IA conversationnelle présente un quadruple avantage pour un auteur.

L’IA donne un avis éditorial sur le manuscrit

Tout auteur a besoin d’un avis sur ce qu’il écrit. D’un avis autorisé, cela va sans dire. Pour la plupart, ils sont émis par ce qu’on appelle les bêta lecteurs.

En général, ils se contentent de dire qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment pas. A la manière, par exemple, des petits pouces de satisfaction ou d’insatisfaction dont sont friands les producteurs de vidéos sur You Tube. Agrémentés, si possible, d’un commentaire.

Une IA conversationnelle fait beaucoup plus. Elle est capable de noter sur une échelle de 1 à 10, la valeur de l’idée développée par l’auteur, la qualité de son ambition intellectuelle, celle de son style, la plus ou moins bonne lisibilité de son texte, l’existence ou non d’un impact émotionnel. Et, in fine, le potentiel éditorial du manuscrit qui lui est soumis.

Notation des qualités éditoriales d’un manuscrit par une IA

Par exemple, si une notation de 9/10 pour le concept développé par l’auteur est encourageante, une notation de 7/10 pour son potentiel éditorial l’est beaucoup moins et nécessite des révisions, parfois déchirantes.

Par ailleurs, à chaque étape de son évaluation, l’IA prend la précaution de rappeler qu’elle essaie d’être la plus objective possible. Le tout assorti des raisons justifiant telle ou telle notation. Combien de temps cela lui prend-il ? A peine une minute suivant la longueur du texte qui lui est soumis.  

On ne peut pas dire que ce soit la qualité première de la grande majorité des beta lecteurs quand ils sont choisis dans l’environnement immédiat de l’auteur. En tout cas, nul doute que si Dinamo Cosi, le héros de Marco Lodoli, un des meilleurs écrivains italiens, avait pu en bénéficier, il aurait eu beaucoup moins de rancœur et aurait pu améliorer ses qualités d’écrivain. 

Ce que peut faire une IA conversationnelle pour améliorer un manuscrit 

Ce que peut faire une IA conversationnelle pour améliorer un manuscrit  - coollibri.com
Ce que peut faire une IA conversationnelle pour améliorer un manuscrit  – coollibri.com

L’IA ne se contente pas de donner un avis éditorial sur le texte qu’on lui soumet, elle peut proposer aussi ce qui lui semble être une meilleure articulation entre ses différentes parties.

Restructurer les différentes parties du manuscrit

En général, cette proposition s’accompagne également de conseils pour resserrer le texte et le rendre selon elle plus lisible.

On est ainsi pas loin d’une redéfinition de son schéma narratif. On voit bien là que le rôle joué par l’IA va bien au-delà d’une simple appréciation globale.

Rien d’étonnant donc à ce qu’elle puisse proposer de même une réécriture complète du texte.

 Réécrire le texte du manuscrit

Chacune des propositions faite par l’IA est précédée par un questionnement destiné à vérifier l’accord de la personne qui la questionne.

Quand ce questionnement porte sur la réécriture du texte, il se traduit en principe par une proposition permettant à l’auteur de choisir entre plusieurs versions retravaillées par l’IA.

Ces versions sont adoptent de ce fait des styles qui peuvent très différents. Cependant, quel que soit l’intérêt de ces versions, elles ne sont jamais que des exemples de ce qui pourraient être écrit.

Mettre en forme le texte suivant les normes éditoriales

Bien qu’étant purement formel, ce n’est pas le moindre des avantages de l’IA que de pouvoir remettre, facilement et rapidement, à un éditeur son manuscrit dans le format et suivant les normes qui lui convient.

Et cela d’autant plus que l’IA peut indiquer les maisons d’édition qui selon elle réserveront le meilleur accueil au manuscrit.

L’IA peut-elle remplacer l’auteur ?

L’IA peut-elle remplacer l’auteur  - coollibri.com
L’IA peut-elle remplacer l’auteur  – coollibri.com

Au vu de tous les avantages qu’une IA procure à un auteur, ceux d’aujourd’hui et ceux encore plus nombreux de demain, on peut légitimement se demander si, comme dans d’autres domaines, l’heure n’est pas venue pour les auteurs de ranger leurs plumes et leurs crayons, ou plus simplement, d’éteindre leur ordinateur.

Ou au mieux, dans le meilleur des cas, de devenir en quelque sorte des assistants pour ces IA.  En fait, il convient de raison garder. Contrairement aux apparences. L’IA n’invente rien et ne choisit rien.

L’IA n’invente rien

Elle ne peut tout simplement pas se substituer à l’auteur et avoir les idées de roman à sa place, de même que le choix de son style.

Elle peut lui faire des suggestions suivant les paramètres fournis par l’auteur, mais sans ces paramètres, elle ne peut strictement rien faire.

Plus ces paramètres sont vagues et plus la réponse de l’IA est vague. Plus elle insiste néanmoins pour obtenir des paramètres de plus en plus précis.

Si elle n’a pas de réponses concrètes à ses demandes, elle finit par se réfugier dans une forme d’abstention qui ne peut rien donner de valable pour l’auteur.

Autrement dit, pour qu’une IA soit réellement utile pour un auteur, il faut qu’il fournisse à son appréciation un texte de son cru suffisamment étoffé. En somme, il doit rester auteur.

C’est à partir de ce moment que la collaboration entre une IA et un auteur peut s’avérer extrêmement fructueuse.

L’IA ne choisit rien

Cependant cette collaboration ne signifie en rien que le rôle de l’auteur en vienne malgré tout à s’effacer. Il s’agit simplement d’un enrichissement du travail fait par l’auteur.

En soumettant un texte à l’IA, celle-ci agit pour l’auteur comme un assistant éditorial en temps réel. L’IA lui fait part des critiques que ce texte peut susciter de différents points de vue.

Par ailleurs, selon ces critiques, l’IA peut proposer de réécrire certains passages ou la totalité du texte tenant compte de celles-ci. Et en plus, en différentes versions. Mais, ce ne sont jamais que des propositions, plus ou moins convaincantes.

De sorte que, quoi qu’il en soit, ce qu’exprime le texte n’a qu’un seul auteur. Celui qui a écrit le manuscrit initial.

Quels sont les métiers de l’édition qui peuvent être remplacés par les IA ?

Les auteurs de contenu « bateau »

Si les auteurs ne sont pas appelés à disparaître du fait du rôle joué auprès d’eux par l’IA, il n’en reste pas moins que son apparition et son développement bouleversent les conditions dans lesquelles ils travaillent.

L’IA implique tout d’abord que les auteurs soient suffisamment originaux pour ne pas être remplacés par n’importe quelle IA compilatrice. Remplacement qui peut être quasi instantané. Il en est ainsi de la plupart des textes à vocation commerciale ou marketing. Seul des « story telling » bien charpentés peuvent sauver les auteurs de ce type de texte.

Pour ceux qui en douteraient encore, il suffit, par exemple, de poser la question suivante à ChatGPT : Peux-tu me proposer un texte vantant un séjour dans un hôtel 5 étoiles à Santorin dans les Cyclades.  

Le résultat vaut largement la grandes majorité des notices des voyagistes sur ce même thème quand aucun effort n’est fait pour produire des textes originaux. Et pour obtenir ce type de texte « bateau », il ne suffit que d’une poignée de secondes.

C’est peu cher, mais, à force, les contenus produits dans ces conditions n’ont plus aucun impact. Ils se ressemblent tous et leurs lecteurs avertis savent à quoi s’en tenir.

Les assistants éditoriaux

La plupart des assistants éditoriaux, c’est-à-dire les personnes qui suivent les auteurs dans les maisons d’édition ou dans certaines agences littéraires, quand elles ont le temps ou qu’on les rémunèrent suffisamment, n’offrent guère plus que n’importe quel bilan éditorial établi par une IA. Là aussi en une poignée de seconde.

Et souvent, même beaucoup moins bien et avec beaucoup de délais. Surtout si on fournit à l’IA les paramètres de la politique éditoriale suivie par la maison d’édition. Bien mieux en tout cas que les lettres types envoyées au bout de plusieurs mois aux auteurs dont on refuse le manuscrit.

Mais, même là, l’IA est capable de faire le tour en quelques secondes de toutes les maisons d’édition et d’identifier la maison pour laquelle le texte qui lui a été soumis convient le mieux.

Sous réserve, éventuellement, des modifications et des corrections qu’elle peut suggérer.

L’IA est aussi révolutionnaire qu’Internet et en démultiplie la puissance 

Beaucoup d’auteurs ont donc désormais la possibilité d’améliorer de manière très significative la qualité de leurs textes grâce à l’IA. Ce qui ne peut que renforcer l’attractivité de l’auto-édition.

En effet, les maisons d’édition traditionnelles agissent souvent comme des filtres qualitatifs. Avec l’IA, les auteurs peuvent s’en passer et obtenir une meilleure rémunération de leur travail en publiant des œuvres ultra qualifiées sur des sites d’autoédition appropriés.

Cette révolution amenée par l’IA ne fait, par ailleurs, que commencer. D’ici peu, non seulement, elle touchera tous les domaines d’activité, mais elle sera aussi encore plus efficace. Il n’en restera pas moins qu’elle ne pourra jamais remplacer les créateurs.

Pour une bonne raison. Ce que dit une IA n’est, pour l’instant, qu’une synthèse établie à partir d’empilements de préférences statistiques, de filtres de sécurité, d’habitudes rédactionnelles et de biais appris. Aussi fine soit-elle.

De ce fait, pour un auteur aguerri, il est encore très facile de la prendre en défaut.

 

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