Le numérique est partout. A tous niveaux. Dans les entreprises, dans les administrations et dans .. les bibliothèques. Sous forme d’e-books, mais pas seulement. Car, sous le mot « numérique » et derrière l’expression « du papier au numérique », se cachent des réalités bien différentes.

Et donc, des besoins et des pratiques, bien différents. Il est, par suite, souhaitable de savoir à quoi se rapporte chacune de ces notions et d’en connaître les principaux modes d’emploi. Sans pour autant verser dans des exposés, « bourrés » de notions techniques et finalement fastidieux ou peu utiles. 

Après tout, il est toujours possible, une fois qu’on sait ce qu’on veut faire, de prendre contact avec le professionnel approprié.  Si, bien sûr, on l’estime nécessaire.

 

E-books, numérisation, dématérialisation : quelles définitions ?

Chacune de ces trois notions se rapportent à des opérations permettant de passer du papier au numérique et, naturellement, au langage de balisage

Du papier au numérique : dématérialisation 

Commençons par la dématérialisation. C’est la production et la diffusion de documents dans un format numérique. Autrement dit, la dématérialisation est la traduction concrète du passage d’une gestion documentaire traditionnelle à une gestion électronique des données (GED), dite « zéro papier ». 

A noter que la loi du 13 mars 2000 et l’article 1316-1 du code civil ont donné un coup de fouet à la généralisation du processus de dématérialisation. 

Comme c’est valable pour tout le monde, dès qu’on écrit un texte, on en voit, d’emblée, tous les enjeux.

 

Du papier au numérique : dématérialisation 
Du papier au numérique : dématérialisation

 

Des enjeux environnementaux, tout d’abord. Tant, ils paraissent évidents. Plus de documents électroniques, c’est moins de consommation de papier, de coupes forestières et de pollution chimique. 

Cependant, ces enjeux aussi importants, soient-ils, ne sont pas, en réalité, les plus importants.

Car, la déforestation actuelle résulte davantage des pratiques d’éleveurs de bovins, peu scrupuleux, notamment dans les zones tropicales, que de celles des papetiers ou des producteurs de carton. En effet, ces derniers se sont dotés, depuis longtemps, de procédures certifiant leur vigilance dans ce domaine. 

Non, la principale raison qui explique l’essor de la dématérialisation, c’est la flexibilité et la souplesse qu’elle donne aux relations entre les différents acteurs économiques : ménages, entreprises et administrations.

Deux exemples suffisent à s’en rendre compte :

  • Les documents fiscaux sont désormais quasiment tous dématérialisés. Exemple parmi bien d’autres, les déclarations des revenus parviennent ainsi sous cette forme auprès de tous les assujettis disposant du matériel nécessaire. Cela pour les relations avec l’administration.

 

  • Quant aux entreprises, inutile de dire que si on s’adresse à l’une ou à l’autre, pour quelque raison que ce soit : devis, facture ou correspondance, s’échangent par mail plus que par courrier postal. C’est plus rapide et plus sûr. 

A ce stade, cela vaut la peine de rappeler que depuis la loi du 13 mars 2000 portant adaptation du droit de la preuve aux technologies de l’information et relative à la signature électronique, un bon coup de fouet a été donné au processus de dématérialisation. 

L‘article 1316 -1 du Code Civil dispose ainsi que :

L’écrit sous forme électronique est admis en preuve au même titre que l’écrit sur support papier, sous réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont il émane et qu’il soit établi et conserver dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité. 

 

Du papier au numérique : numérisation 

A dire vrai, cette problématique de la preuve ne concerne pas les documents numérisés. Un écrit sous forme électronique doit être un original et non pas une forme numérisée, pour entrer dans cette catégorie. Dans ce dernier cas, l’original papier demeure la preuve essentielle

Pourquoi donc parler de numérisation ? Parce qu’elle constitue incontestablement un moyen incontournable de gestion des archives ou, plus exactement, des contenus. Un archivage de documents papier peut être extrêmement coûteux. Il nécessite de l’espace, toujours plus d’espace, et doit répondre à des conditions de sécurité très lourdes. D’où l’intérêt évident de la numérisation qui consiste à scanner et à indexer tous les documents papier que l’on peut et veut  conserver sous une forme électronique.

 

Du papier au numérique : numérisation 
Du papier au numérique : numérisation

 

On en voit immédiatement les avantages, mais aussi les difficultés. Côté avantages, citons, entre autres, une plus grande accessibilité aux documents, en plus du gain d’espace. Côté difficultés, d’évidence, une opération de numérisation ne s’improvise pas et il est plus que souhaitable de faire appel à des prestataires bien rodés à ce type d’action.

 

Focus sur les e-books, les livre numériques, les livres électroniques ou les livrels

Comme on le voit, avec la dématérialisation et la numérisation, on traite bien de ce qui a trait au passage du papier au numérique, mais on n’a pas encore abordé la problématique spécifique aux e-books et notamment celle de leurs fichiers. 

Définition des e-books 

De nombreuses définitions sont utilisées. Mais, disons que les e-books sont des livres électroniques, on peut dire aussi, selon le dictionnaire Larousse, des livrels. Notons que le mot « livrel » est, désormais, officiellement admis au scrabble.  Autrement dit, c’est la même chose qu’un livre, mais sa lecture se fait sur un écran d’ordinateur, de tablette ou de smartphone. Souvent, il existe aussi en format papier, mais pas toujours.

 

Les formats de fichiers pour e-books

La cause paraît entendue. Quel est le problème ? En tant qu’auteur, vous écrivez un livre sur votre ordi et quand il est terminé, vous l’enregistrez en format pdf, avec tous les hyperliens que vous voulez, puis vous le mettez en ligne. Simple comme bonjour. Sauf que …

Les choses se corsent, si vous voulez le vendre ou pouvoir le consulter de manière agréable. Pour cela vous devez le mettre en ligne sur des sites web spécialisés. Là, votre format pdf ne passera pas. Il va vous falloir le convertir en  format Epub, le plus répandu, ou en format Mobi, celui d’Amazon. Votre roman.pdf devient alors roman.epub ou roman.mobi. 

Revenons un instant sur les raisons de la conversion du format pdf, longtemps dominant, en format epub ou en format mobi. Un fichier en format pdf est parfaitement lisible sur un écran. Et, quand on voit mal ce qui est écrit, il suffit simplement de zoomer sur la zone à « grosssir ».

Oui, mais les logiciels de lecture comme epub ou mobi permettent de faire beaucoup mieux et bien plus facilement. 

Ils adaptent automatiquement la police de caractère du livrel à la taille de l’écran. De fait :

La mise en page n’est pas fixe comme sur du papier, mais bouge selon la volonté du lecteur. 

Et ce n’est pas tout. Un livrel, dans le bon format, c’est l’assurance de pouvoir faire, sans peine, une recherche dans le texte et de pouvoir en consulter la table des matières de façon interactive. Et quand on est auteur, de pouvoir, en plus, se protéger contre les copies non autorisées, avec du DRM, c’est-à-dire du Digital Rights Management.

Comment faire pour en profiter ? Il suffit tout simplement de télécharger la bonne appli, par exemple :

  • Kindle pour Amazon.
  • Kobo pour Kobo.
  • ibooks pour Apple (à noter que celui-ci est intégré dans le software des appareils Apple). 

 

Spécificités de l’e-book ou du livre numérique

Les parts de marché de l’e-book sont en augmentation constante. Par suite, toutes les maisons d’édition s’y intéressent. Et des crises sanitaires comme celles de la covid-19 n’ont fait qu’amplifier le phénomène. Alors, faisons le point sur les avantages et les inconvénients de l’e-book.

 

Les avantages : l’ Accessibilité

On peut résumer les avantages de l’e-book avec le mot « Accessibilité ». Car, c’est bien ce que promet n’importe quel e-book.

Il est accessible parce qu’il suffit de le télécharger. Et, aujourd’hui, on peut faire un téléchargement de pratiquement n’importe où. Nul besoin d’aller dans une librairie et encore moins dans une médiathèque pour télécharger un e-book. Sauf, dans ce dernier cas, si on veut profiter des facilités numériques qu’elle peut offrir. Tout peut se faire de chez soi. Sans bouger. 

Mieux encore. On peut télécharger des bibliothèques entières et les emmener partout avec soi. Faire la même chose avec des livres « papier » est carrément impossible. Emmener avec soi plus de trois ou quatre bouquins, pour la « route », devient vite harassant quand, en plus, il faut se coltiner les effets habituels et propres à tout déplacement ou voyage. De loisir ou professionnel. Rien de tel avec les e-books. En emmener cinquante ne pèsera pas plus lourd que se charger d’un seul. 

Et ce n’est pas tout. On peut lire un e-book à peu près n’importe où. Ce n’est pas plus encombrant qu’une tablette dont la taille peut être celle d’un livre de poche, voire moindre, sans en avoir l’épaisseur. Une tablette, c’est plat, c’est pas lourd, et on peut la lire en bus, dans le métro, en avion, dans une salle d’attente, etc., sans qu’en plus personne ne sache ce que vous lisez, ni prendre le risque d’abîmer pages et couverture dans une bousculade. 

De tels services doivent coûter cher ! Eh bien non, justement ! Un e-book, ça ne coûte pas cher à télécharger et ça ne coûte pas cher à éditer.

 

Les avantages : l' Accessibilité
Les avantages : l’ Accessibilité

 

La SNCF a bien compris les avantages que représentent les e-books. Elle en a fait un argument de vente pour séduire ses clients ou faire sa promotion auprès d’eux. Avec son service SNCF e-LIVRE, elle leur propose donc une bibliothèque de plus de 100 000 livres numériques. Mieux même. Elle décline son offre de telle façon que les voyageurs puissent choisir leur e-book en fonction de la durée de leur trajet et en faire la lecture sous forme audio. Qui dit mieux !

Quant à l’autoédition, elle est bien meilleure marché sous la forme numérique que sous la forme papier. Pour un site spécialisé comme CooLlibri, par exemple, l’édition sous forme numérique est fournie gratuitement en accompagnement de toute commande. Par ailleurs, pour ce qui concerne les lecteurs, l’achat d’un e-book est nettement moins cher que l’achat d’un livre papier. Ce qui est souvent déterminant pour un auteur inconnu et ne bénéficiant d’aucune promotion éditoriale.

 

Du numérique au papier

Tout est-il parfait dans le meilleur des mondes numériques, celui des e-books, bien sûr ? Eh bien, pas forcément ! Car les e-books ont aussi leurs inconvénients. 

Tout simplement parce qu’excluant le papier, ils en excluent aussi les atouts. Car, le papier a des attraits irremplaçables. Et, au moins trois.

Rien ne peut, en effet, remplacer les sensations que donne un beau papier. Au toucher, à l’odeur, à la vue. Effets garantis !

C’est pourquoi un livre, au bout du compte, et dès qu’on le peut, à défaut de le faire dès le début, est naturellement « print ». Pour tout dire, une belle couverture, avec toutes ses finitions, aura un tout autre effet en version papier qu’en version numérique. Et, on sait combien une belle couverture aide le lecteur à se déterminer. Sans même avoir une idée du contenu du livre.

 

Du numérique au papier
Du numérique au papier

 

Autre inconvénient, à l’exact opposé des commodités offertes par une bibliothèque numérique, l’impossibilité de pouvoir visualiser toute une bibliothèque avec ses rangées de livres. Bien classées et évoquant chacune un souvenir de lecture. Sans même parler du plaisir de pouvoir contempler de belles éditions, anciennes et illustrées par des illustrateurs de renom. 

« And the last, but not the least », et tout bonnement, la facilité de lecture. Un livre version papier et en phase de lecture se pose dans un coin, se reprend, se maltraite, se feuillette, se crayonne, etc. , autant de choses qui ne peuvent pas se faire avec le même plaisir avec un livre numérique. Dont il faut également dire que les pages écrans, forcément lumineuses, restent, de toute façon, plus pénibles à lire que les pages imprimées dont l’éclat est beaucoup plus soyeux.

 

En résumé 

Le papier « numérique » répond à de multiples besoins. D’où une place importante dans le PNB. Il facilite la communication entre les acteurs économiques et la rend plus flexible grâce à la dématérialisation des correspondances.

En outre, il règle bien des problèmes d’archivage et de conservation des documents via leur numérisation. Laquelle, étant une opération complexe, ne peut pas s’improviser.

Enfin, si du point de vue de l’autoédition, les e-books ou livres numériques présentent beaucoup d’avantages, il n’en reste pas moins que leur version papier a aussi des avantages qu’ils ne peuvent pas remplacer. 

Autrement dit, si le numérique conduit, d’une manière générale, à une gestion bien comprise du papier, en aucun cas, on ne peut le concevoir comme une substitution au papier. De fait, derrière le numérique, il y a  toujours du papier, mais, employé différemment.

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