Si vous êtes une femme et que vous avez déjà écrit et publié un livre, vous êtes écrivain. Attendez… Écrivain ou écrivaine ? A l’heure où la féminisation des noms de métiers est de plus en plus évoquée, il est important de se poser la question.

Écrivain ou écrivaine : les racines du mot

Le mot « écrivain » vient du latin populaire « scriba » qui signifie « scribe » ou « greffier ». Cette expression désignait à la base un copiste, mais décrit depuis le XIIIème siècle une personne qui réalise ses propres productions littéraires.

Au féminin, il ne faut surtout pas employer le mot « écriveuse » qui désigne quelqu’un qui aime écrire. Si l’on ouvre le dictionnaire Le Petit Robert, on constate que le féminin « écrivaine » nous vient du Canada, où il est couramment employé.

Le mot a fait petit à petit son chemin en France, mais certains linguistes le dénigrent. Ils jugent qu' »écrivaine » est très mal formulé et qu’il faut privilégier le mot « écrivain » même pour les femmes.

 

Dit on une écrivain ou écrivaine
Peut importe le nom lorsqu’il y a le talent 🙂

 

 

L’importance de formuler le mot écrivain au féminin 

Le débat entre écrivain ou écrivaine n’est pas uniquement d’ordre linguistique, mais sociétal. En effet, dans la langue française, la plupart des titres et des fonctions sont au masculin. Cela pose problème pour la représentation des femmes dans les différents corps de métiers.

Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a publié une liste de recommandations en 2015. Parmi celles-ci, la préconisation de féminiser les noms de fonctions, et donc d’employer le mot « écrivaine » pour parler d’une femme.

Et pour le féminin du mot « auteur » ? Il faut savoir que jusqu’au XVIIème siècle, on employait les mots « autrice », « auteresse » et « authoresse ».

Depuis les années 2000, le mot « auteure » est de plus en plus répandu, un néologisme venu une fois encore du Canada. La langue française n’est pas figée et évolue constamment.

Il ne faut donc pas hésiter à vivre avec son temps en féminisant les noms des titres, des fonctions et des métiers. 

11 comments

  1. Ha !!!!!!!!!!!!!!!!!!!…. effet de mode. Pour ma part j’aime assez femme écrivain.
    L’écriture a-t-elle un sexe ?…. Faut-il tout exposer, montrer son sexe pour valider son écriture ? je ne crois Pas.
    Tout cela n’est que bavardages.

  2. La féminisation des termes associés à une profession, à une fonction, à une tâche etc. est une ânerie propre aux incultes qui pensent œuvrer pour l’égalité femmes-hommes Certains esprits, croyant faire riche, savant et distingué, vous balancent finement des « auteures », des « professeures » en oubliant que les noms ont un genre, pas un sexe. Une sentinelle ne porte pas obligatoirement un soutien-gorge et une jupe, que je sache! Georges Clooney est-il « un gros personnalité » du cinéma et Amandine Henry est-elle une « atoute », une grosse légume du football féminin? La femme n’a rien à gagner en matière de reconnaissance, de douceur et de respect en adhérent à un mouvement fondé sur une modernité teintée de jobarderie.

  3. Donc pour vous, l’égalité hommes-femmes n’est qu’une ânerie ? Peu importe le genre des mots, nous pouvons féminiser une profession (professeur-professeure). Féminiser un mot (ou une profession dans ce cas) n’est pas forcément prendre part à un mouvement féministe. Une femme doit être respectée peu importe sa profession (et même dans la vie courante) quelle soit féminisée ou non, comme on respecte un homme. En parlant d’une femme qui est dans le monde du spectacle par exemple, comme une actrice ou une comédienne, nous féminisons bien ces mots, alors je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas employer « auteure », « écrivaine » ou « professeure ».

  4. J’aimerais beaucoup que les hommes sceptiques sur ces évolutions de langage (qui ne sont pas toutes des inventions, mais aussi parfois des « réapparitions après effacement »), se représentent ce que cela ferait si le masculin du mot « infirmière » n’existait pas. Il serait sans doute plus difficile de se projeter dans cette profession en tant qu’homme, mais leur exercice de la profession en serait également invisibilisé. La domination du fameux « masculin neutre », une fois qu’on le transpose en « féminin neutre » (après tout, pourquoi pas?) devient bien gênante bizarrement…

  5. Pour paraphraser Grevisse, le bon usage de la langue c’est ce que l’on en fait.

    Que l’usage d’autrice, écrivaine, etc sonne étrangement à nos oreilles peu habituées, je peux le comprendre.
    Que certains refusent de l’utiliser car cela choque leurs habitudes, libre à eux.

    Mais s’offusquer de la féminisation des substantifs avec comme seule raison que c’est ridicule ou une ânerie, ressemble plus à l’expression d’une sensibilité personnelle qu’à un argumentaire solide, surtout quand les mots existent depuis des siècles…

    Une petite recherche sur Internet sur l’étymologie d’écrivaine donne cela depuis le Wikitionnaire :
     » (1396) Du moyen français escripvaine, escrivaine (« femme écrivain ») »
    Et pour autrice:
    « (1477-1478) Attesté d’abord sous la forme actrixe, ensuite (1503) auctrixe, puis (1524) sous la forme auctrice dans une lettre de Guillaume Briçonnet à Marguerite d’Angoulême. Puis sous le pluriel autrices en 1554 dans La Claire, de Louis Le Caron.  »

    PS : je suis un homme, pas besoin d’être une femme pour trouver la féminisation des substantifs tout à fait acceptable à mes douces oreilles….

  6. Á l’intention de monsieur Lianh. Personnellement, je trouve votre raisonnement simple et logique, le nom des professions au féminin que vous préconisez sont justes et même parfaits.

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