Vous en avez assez « soupé » du résumé. Vous n’avez nulle envie de repasser des concours ou de refaire un devoir de français. On vous comprend.

Mais, vous voulez que votre livre ait des lecteurs. N’est-ce pas ? Beaucoup de lecteurs.

Vous le voulez d’autant plus que vous avez mis tout votre cœur dans la rédaction de votre livre et que vos premiers lecteurs, vos lecteurs « test », les fameux lecteurs Bêta, se sont montrés enthousiastes.

Vous en êtes là parce que votre manuscrit est terminé et que l’éditeur auquel vous voulez l’adresser vous demande un résumé. Même chose pour l’autoédition qui vous intéresse énormément.

Oui, mais un résumé … Stop ! Réfléchissez.

Laissons les souvenirs scolaires de côté. Une bonne fois pour toutes. Il ne s’agit pas de préparer un concours, ni de rédiger un devoir, mais d’éditer votre livre et de le vendre. Quoi ! Vendre ! Soit. Remplaçons alors le mot « vendre » par le mot « convaincre« . Vous devez convaincre un éditeur ou les internautes de la valeur de votre livre.

Et là, le résumé est essentiel. Déterminant. Crucial. D’ailleurs, vous-même, comment faites-vous pour choisir le prochain livre que vous allez lire ?

Très bien, dites-vous, alors comment fait-on ? Voyons donc ce qu’il faut savoir pour faire un bon résumé de livre.

 

1 – Oublier qu’on est l’auteur du livre dont on fait le résumé

C’est sans doute la toute première chose à faire quand on veut écrire le résumé de son livre. Le but d’un résumé est totalement différent de celui du livre. Dans un roman, par exemple, l’auteur développe une intrigue, crée un suspens, décrit un contexte et, d’une manière ou d’une autre, délivre un message.

Tout le temps de l’écriture, l’auteur vit pleinement ce qu’il écrit. Tour à tour, il est chacun de ses personnages et vit dans les mêmes lieux. Il fait « un » avec son livre.

 

Oublier qu'on est l'auteur du livre dont on fait le résumé
Oublier qu’on est l’auteur du livre dont on fait le résumé

 

Un résumé, ce n’est pas ça du tout. Faire un résumé, c’est, au contraire, s’abstraire du livre dont on fait le résumé. Il faut prendre du recul. Le point de vue est celui du critique bienveillant qui veut faire partager à d’autres lecteurs le plaisir qu’il a eu à lire le livre.

C’est pourquoi il est si important pour un auteur, au moment il fait la relecture de son livre, d’y prendre du plaisir. C’est cette satisfaction qui doit se retrouver dans le résumé. S’il n’y parvient pas, il va avoir bien du mal à le faire. Et dans ces conditions, mieux vaut qu’il fasse appel à un de ses lecteurs « bêta » enthousiastes.

 

2 – Soigner son « opening joke »

Les conférenciers professionnels ont l’habitude de commencer leur conférence par ce qu’on appelle une « opening joke« . C’est un bon mot, une saillie ou une historiette destiné à mettre le public en condition et à le rendre attentif à ce qui va suivre.

Cette introduction n’est pas choisie au hasard par le conférencier. Elle est naturellement en lien avec le sujet de la conférence et en est, en quelque sorte, l’élément précurseur ou le symbole.

 

Soigner son opening joke
Soigner son opening joke

Le résumé d’un livre ou d’un texte, quel qu’il soit, joue ce rôle. Il doit donner envie d’en savoir plus, tout en faisant comprendre à son lecteur qu’il ne s’est pas trompé d’auteur. Or, la première phrase d’un résumé, encore plus que le résumé lui-même, est déterminante. C’est l’opening joke de l’opening joke !

Elle doit être courte et bien « sentie ». D’emblée, elle indique au lecteur qu’il va bien trouver ce qu’il cherche. Passion, suspens, horreur, par exemple, s’agissant d’un roman. Ou la réponse à son interrogation, si ce qu’il recherche est d’ordre technique. Le reste du résumé est une argumentation qui dit pourquoi il va en être ainsi.

 

3 – Structurer son résumé comme une bande annonce de film

Une bande annonce est un film à soi seul réalisé à partir des moments forts du film lui-même et son objectif est naturellement publicitaire. Nombre limité de séquences, en général, explosives, en tout cas, marquantes, et dialogues raccourcis. La conception d’un résumé peut s’en inspirer très utilement.

 

Structurer son résumé comme une bande annonce de film
Structurer son résumé comme une bande annonce de film

 

Autrement dit, un résumé n’est pas le roman, comme la bande annonce n’est pas le film. Donc, un résumé est un résumé et il ne doit pas dépasser 1000 à 1200 cec, soit 150 à 200 mots. De ce fait, les phrases sont courtes et sont concentrées, uniquement, sur les idées ou temps forts du texte.

 

Les 5 paramètres de la publicité créative

Et, dans un tout autre registre que celui d’un roman, car le principe et l’objectif  sont les mêmes, cela donne, par exemple, le résumé suivant, fait par les auteurs, d’un article sur la publicité créative de la Harvard Business Review, justement intitulé « L’idée en bref » :

Des expériences montrent que les messages créatifs retiennent mieux l’attention et induisent des attitudes positives vis-à-vis des produits. Mais aucune preuve n’atteste que ces messages exercent une influence sur le comportement de l’acheteur. Une nouvelle méthode d’étude des consommateurs s’attaque à ce problème en évaluant leur perception de la créativité selon cinq critères : l’originalité, la flexibilité, l’élaboration, la synthèse et la valeur artistique.

Les auteurs ont appliqué leur modèle à l’étude de 437 campagnes de publicité télévisées destinées à promouvoir 90 marques dynamiques du secteur de la grande consommation en Allemagne. Une analyse des conclusions de l’étude par rapport aux ventes réalisées a confirmé qu’en moyenne plus les campagnes étaient créatives plus elles étaient efficaces.

Les résultats ont également montré que certains paramètres de la créativité sont plus payants que d’autres, et qu’ils fonctionnent souvent mieux quand ils sont combinés. Ces données suggèrent qu’en centrant leurs campagnes sur de mauvais paramètres, de nombreuses entreprises ne parviennent pas à tirer le meilleur parti de leurs investissements publicitaires

Hum ! Gageons que vous allez être nombreux à aller voir de plus près ce que sont ces paramètres mesurant la créativité et applicables, bien sûr, à d’autres domaines que celui des PGC. Et ça ne vous engage en rien et ça peut être inspirant. Notez que ce résumé fait 1173 cec, soit 163 mots.

C’est la dimension moyenne d’un résumé, indépendamment de celle du document ou du récit lui servant de support. L’article de la HBR fait 26 347 cec pour 3871 mots. Ce qui est nettement moins qu’un livre de 150 pages qui représente, en général, environ 40 000 mots. Pourtant, la taille de leur résumé respectif sera comparable.

 

4 – Ne pas entraîner le lecteur sur de fausses pistes

C’est le risque quand on fait le résumé d’un livre particulièrement attrayant. On se laisse entrainer par son enthousiasme et sa créativité.  Et on entraîne son lecteur à sa suite. Sauf que celui-ci va rapidement s’apercevoir que le livre ou l’article qu’il a entre les mains ne correspond absolument pas à ce qu’il croyait y trouver.

Prenons, par exemple, le cas d’un livre d’anglais pour élèves de 6ème. La tentation peut être grande d’écrire un résumé laissant entendre que grâce à ce livre les lecteurs maîtriseront la langue anglaise sans effort et en un temps record. Ou plus prudemment, que les professeurs se servant d’un tel livre pour faire leur cours verront leurs élèves obtenir des résultats fantastiques aux différents tests internationaux.

Ce qui fait évidemment penser à ces publicités tapageuses promettant de parler anglais en quelques jours seulement. Dans ce cas, on n’est pas loin des bonimenteurs de marché dont l’art d’attirer les chalands est extraordinaire pour les meilleurs d’entre eux. Mais, gare au retour de bâton, une fois rentré à la maison !

 

Respecter l’œuvre et les lecteurs

Il faut donc savoir raison garder et présenter son livre, certes, de façon persuasive, mais, respectueuse et de l’œuvre et du lecteur. Et pour en revenir au roman, dans l’exemple de résumé ci-après, on est bien dans l’univers du maître du roman policier qu’est Harlan Coben. Aucun risque de se tromper.

L’année n’aurait pu s’annoncer plus mal pour Mickey Bolitar. Des événements tragiques l’obligent à vivre temporairement chez son oncle Myron, qu’il croit au moins en partie responsable de sa situation. En plus, Ashley, sa nouvelle petite amie, n’est pas venue en cours depuis des jours et ne donne plus signe de vie. Pire, à l’adresse où elle habitait, personne ne semble la connaître. Mickey, qui a déjà vécu trop de séparations douloureuses, refuse de se laisser faire encore une fois.

Il découvre bientôt qu’Ashley n’était pas vraiment la jeune fille timide dont il était tombé amoureux et qu’elle fréquentait un milieu dangereux. Comme son oncle, Mickey est tenace et peu regardant sur sa propre sécurité, mais il ne s’attendait pas à ce que ses recherches ébranlent tout ce qu’il croyait savoir sur sa famille et mettent au jour une machination qui dépasse de loin tout ce qu’il pouvait imaginer. Mickey va avoir besoin d’aide… mais n’est-il pas déjà trop tard ?

 

En résumé

Le succès de la présentation physique d’un livre dépend, principalement, de trois éléments, le titre, la couverture et le résumé. Le résumé est un élément aussi important que les deux autres. Comme eux, il se travaille.

Or, l’écrivain n’est pas toujours le plus à  même de faire le résumé de son livre. Car, il lui faut être capable d’oublier qu’il en est l’auteur et de se mettre dans la peau de ses lecteurs. Il lui faut donc faire l’effort de bien comprendre les spécificités, notamment, du « comment bien résumer un roman ». A cette condition, il augmentera sensiblement le nombre de ses lecteurs.

2 comments

  1. La plupart des chefs d’oeuvres de la littérature sont impossibles à résumer. Essayez de suivre des conseils pour les Misérables, Madame Bovary, guerre et paix, les fiancés, Ulysses, etc etc.
    A la rigueur pour des blockbusters basiques. Oui, la, ça peut marcher.

    1. Bonjour Marc,
      Vous avez raison, il s’agit d’un exercice extrêmement difficile, et sûrement plus encore pour les grands classiques de la littérature. Cependant, l’objectif de cet article est d’apporter quelques conseils pour rédiger le résumé d’un nouveau livre prêt à être publié. Il s’agit aujourd’hui d’un élément indispensable pour pouvoir l’envoyer à des maisons d’édition ou pour le publier directement en auto-édition. Les éditeurs ou lecteurs potentiels auront besoin de ce résumé pour avoir envie d’aller plus loin dans la lecture, vous ne croyez pas ?
      Bien à vous

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