Tout compte fait, vous avez décidé d’assurer le financement de l’autoédition de votre livre ou de votre B.D.  Vous n’avez pas envie de courir plus longtemps après un éditeur, ni de dépendre d’un comité de lecture. Et, puis les rémunérations proposées par les maisons d’édition traditionnelles sont beaucoup trop faibles.

Quant à l’édition à compte d’auteur, quitte à investir, autant aller jusqu’au bout et s’occuper des choses soi-même.

Bon, maintenant, parlons budget. Parlons financement de votre autoédition. Comme vous le feriez pour n’importe quel autre investissement.

L’achat d’une maison ou d’un appart, la construction d’un garage ou d’une piscine, ou l’inscription très coûteuse à un cursus de formation qui doit changer votre vie. Vous allez bâtir un budget et pourtant vous n’êtes ni agent immobilier, ni maçon, ni formateur.

Mais, vous avez un projet à financer et vous allez tout faire pour y arriver. Il en va de même pour votre projet d’autoédition.

Mais, avant cela, de quoi parle-t-on ?  D’autoédition ou d’édition à compte d’auteur ?

 

Autoédition et édition à compte d’auteur

Ce pas tout à fait la même chose. En général, l’édition à compte d’auteur n’a pas bonne presse. Cela tient, la plupart du temps, à ce qu’on ne sait pas vraiment de quoi il retourne. Soyons donc clair.

Quand on publie à compte d’auteur, on demande simplement à une maison d’édition spécialisée dans ce type d’édition, qu’elle prenne en charge à ses frais, notamment, l’impression et la diffusion l’ouvrage publié, comme n’importe quelle autre maison d’édition.

Sauf que la maison d’édition demande en contrepartie que l’auteur participe financièrement, en tout ou en partie, à ces dit frais. Il s’agit donc, ni plus, ni moins, que d’un échange de services comme lorsqu’on demande à un artisan de poser des volets ou un portail à sa maison.

 

L’édition à compte d’auteur correspond à un achat de prestations de services

La question de savoir si c’est bien ou mal de publier de cette façon n’est pas vraiment la question à se poser. De fait, elle est du même ordre que toutes celles qui interrogent sur la bonne ou la mauvaise manière de dépenser son argent. L’important est donc de savoir ce que l’on veut.

 

De ce point de vue, si on veut être certain d’être publié, l’édition à compte d’auteur peut être, en effet, une bonne solution.  A condition, toutefois, de savoir précisément à quels services s’engage réellement l’éditeur. La démarche est alors la même que pour n’importe quel autre achat de services ou de prestations.

 

L'édition à compte d'auteur
L’édition à compte d’auteur

 

Et, ce n’est que si l’éditeur, par exemple, prétend que l’ouvrage publié va faire un tabac que l’auteur peut avoir de sérieux doutes sur son sérieux. Attitude qu’il n’est pas toujours facile à un auteur d’avoir, tant il est convaincu d’avoir écrit quelque chose d’extraordinaire. C’est, d’ailleurs, par là que s’engouffrent les critiques de l’édition à compte d’auteur. Aucun risque de ce genre, évidemment, avec l’édition à compte d’éditeur, mais plutôt, celui de ne jamais être publié.

 

Le coût d’une édition à compte d’auteur peut être élevé

Cela dit, il faut avoir conscience que le coût des prestations de services dans le cas d’une publication à compte d’auteur peut être relativement élevé. On évoque couramment des budgets moyens autour de 3 000 euros, voire beaucoup plus, pour un nombre très variable, selon la maison d’édition, d’exemplaires imprimés.

Bref, l’auteur prend le risque de payer pour quelque chose qu’il ne verra finalement pas, puisque c’est la maison d’édition qui assure, en principe, la diffusion, sur lequel il aura peu de prise, et qui impliquera quand même un budget conséquent.

D’où l’intérêt de l’autoédition. Ça coûte moins cher, c’est plus sûr, mais c’est du travail en plus.

A commencer par celui d’établir un budget prévisionnel. Il a l’immense intérêt de bien identifier et de chiffrer les différentes tâches à accomplir. Lesquelles, il faut bien le dire, ne sont, en général, guère familières à un auteur.

 

Établir votre budget prévisionnel pour le financement de votre autoédition

Pour cela, il savoir ce qu’on veut faire. Voulez-vous publier votre livre à quelques exemplaires seulement ou voulez-vous développer une activité d’éditeur ?

Dans le premier cas, il n’est guère utile de faire un vrai budget prévisionnel. Vous voulez simplement disposer de quelques exemplaires de votre livre pour en faire cadeau à votre famille et à vos amis. Vous avez juste besoin de connaître le prix d’un exemplaire imprimé.

Il vous suffit de vous rendre sur un site d’autoédition pour calculer ce prix et avoir une idée de ce quoi il faut vous attendre pour mener à bien votre projet.

 

Autoédition
Autoédition et édition à compte d’auteur

 

Sur un site comme CoolLibri, par exemple, l’impression d’un livre type roman de 200 pages coûte 7,89 € pour un exemplaire. Ce coût est dégressif suivant la quantité commandée. C’est un des moins chers du marché.

Maintenant, si vous voulez commercialiser votre livre en version papier à la manière d’un éditeur, il vous faut réellement établir un budget prévisionnel. Ce qui vous permettra d’envisager les différents moyens de le financer.

 

Estimer vos charges d’autoédition

Pour faire cette estimation, il vous faut définir votre objectif. Combien de livres pensez-vous pouvoir vendre ?  Supposons que vous vouliez en vendre 500. Ce n’est pas si mal. Vos charges vont se répartir en 4 postes principaux, autrement dit, en :

  • Frais d’imprimerie. Pour ce qui est de l’impression, vous en avez désormais une idée avec le développement précédent. Noter que pour 250 exemplaires de 200 pages, vous en aurez pour 1260 euros. Pour 250 exemplaires de plus, on vous fait un prix spécial. Mais, bon, retenez que d’une manière générale, chaque exemplaire vous reviendra autour de 5 euros.

Soit, au mieux, un budget de l’ordre de 2500 euros pour 500 exemplaires. Noter qu’en choisissant l’autoédition vous n’avez pas besoin de débourser cette somme immédiatement. En fait, vous ne payez qu’au fur et à mesure de vos commandes.

Et, elles peuvent ne porter que sur un seul exemplaire. Par précaution, prévoyez plutôt au moins 3000 euros pour ce poste.

 

  • Promotion marketing. Sur un site comme CoolLibri vous pouvez bénéficier d’un service gratuit de référencement dans sa bibliothèque. Mais, cela risque de ne pas être suffisant pour vraiment assurer la promotion de votre livre. Il vous faudra sans doute faire aussi un peu de publicité, aller sur les réseaux sociaux et vous déplacer pour présenter votre livre ou participer à des concours de littérature.

A vous de voir ce que vous êtes prêt à faire dans ce domaine.

Exemples de tableaux pour gérer son budget - Famille

  • Distribution. C’est un poste incontournable. A vos charges d’impression, il vous faut ajouter les frais de livraison chez vous des livres qui vous ont été commandé par vos lecteurs. Pour ce qui est de la livraison à ces derniers, il vous suffit d’en facturer le coût en plus du prix de votre ouvrage pour que l’opération soit neutre pour vous.

Mais, vous pouvez aussi vous simplifier la vie en choisissant une plateforme d’autoédition qui propose, par exemple, un service de drop-shipping. Là, quand un lecteur commande votre livre, la plateforme s’occupe non seulement d’imprimer votre livre, mais également de le lui livrer. Évidemment, cela a un coût.

 

  • Taxes. Ah, les taxes ! Qui dit activité d’achat-vente dit activité commerciale et donc taxes. Elles ne sont pas forcément pénalisantes, mais il vous faut les anticiper.

 

Déterminer votre besoin de financement pour l’autoédition de votre livre

Bien sûr, pour évaluer votre besoin de financement, vous pensez avoir besoin de savoir ce que seront vos ventes ou ce que vous allez gagner en tant qu’écrivain. Mais, ne rêvez pas. Elles ne vont pas s’envoler comme ça.

Alors, considérez-les plutôt comme un bonus et faites comme si vous n’en faisiez aucune. Dans ces conditions, votre besoin de financement est strictement égal aux dépenses engagées pour publier et distribuer votre livre.

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D’où la question, comment allez-vous faire pour réunir les 3 ou 4000 euros, voire plus, qui vous sont nécessaires pour lancer l’autoédition de vos 500 exemplaires.

 

 

Ressources immédiatement disponibles pour le financement de votre autoédition

Les finances personnelles ou l’autofinancement

C’est le plus simple. Vous n’avez rien à demander à personne. Vous allez simplement puiser dans le bas de laine que vous vous êtes constitué au fil des mois et des années.

C’est votre argent et vous en faites ce que vous voulez. Mais, bon, vous n’avez peut-être pas envie non plus de trop vous démunir. On ne sait jamais ce que l’avenir peut réserver.

Et consommer toute son épargne pour le financement d’un projet d’autoédition, qui peut ne rien rapporter du tout, n’est pas non plus pleinement satisfaisant. Il est normal d’envisager d’autres sources de financement à la manière, par exemple, des start-ups.

 

« Friends, fools and family »

C’est la recette d’une multitude de start-ups. Tout le monde a un capital. Même avec un compte bancaire plat comme une limande. Ce capital, ce sont vos relations.

Quand on a besoin d’argent, on pense généralement à demander de l’aide à sa famille. Et, elle fait rarement défaut. Mais, quand on a un projet phare et que le besoin de financement dépasse les capacités familiales, on peut s’adresser aussi à tous ceux que ce projet peut séduire et qui rêvent de faire un investissement privilégié. Amis, proches ou lointains.

 

Mobiliser tout ce qui peut l’être dans la sphère de l’édition et ailleurs

Les subventions

Ça prend, en général, un peu plus de temps. Il faut aller tirer des sonnettes, remplir des dossiers, attendre leur examen et l’officialisation des décisions. Pour cela, vous pouvez consulter les appels à projet publiés par les conseils régionaux ou les conseils départementaux.

Ou encore, vous adresser au Centre National du Livre (CNL) ou à la Maison des écrivains et de la littérature. Cela dit, et cela se comprend, les subventions ou les aides en nature, sous forme de résidence d’auteur, par exemple, sont soumises à conditions. A noter que pour le CNL, il faut aussi avoir officiellement le statut d’éditeur et pas seulement être écrivain.

 

Tout ça prend du temps et ce n’est pas forcément la panacée. Il faut donc pouvoir envisager d’autres sources de financement de votre projet d’autoédition. Comme, par exemple, le crowdfunding ou le sponsoring.

 

Le crowdfunding

C’est sympa et ça peut rapporter gros. Grâce à internet. Le principe est simple. On s’adresse à une plateforme spécialisée dans le financement participatif comme :

  • Ulule.
  • KissKissBanBank.
  • Kickstarter.
  • GoFundMe.
  • Indiegogo.

On raconte ce qu’on veut faire. Si ça plait, la plateforme lance alors une campagne de collecte de fonds auprès des internautes. Ces fonds sont réunis dans une cagnotte, puis vous sont versés quand la campagne est terminée.

Cela dit, ça ne marche bien que si votre projet est en phase avec les attentes des followers des plateformes. Si vous vous adressez à une plateforme plutôt centrée sur les projets high tech, il n’est pas certain que votre projet d’édition l’intéresse et intéresse ses followers, s’il concerne, au hasard, l’histoire des documents décrivant les méthodes agricoles utilisées dans votre commune sous le Second Empire.

Mais, sujet qui peut être éminemment intéressant du point de vue de l’École des Chartes, par exemple. 

Autrement dit, il faut s’informer sur les spécificités des plateformes de crowdfunding avant de leur adresser un dossier pour le financement de votre projet d’autoédition. Comme pour les demandes de subvention vues précédemment. On comprend que vous puissiez avoir envie de trouver tout simplement un sponsor. Comme dans le domaine sportif.

 

Le sponsoring et le mécénat

Ça tombe bien, parce que ça marche aussi. Bien sûr, comme pour le reste, ça ne vient pas tout seul. Il va vous falloir démarcher les sponsors et les mécènes potentiels.

En général, ce sont des personnes privées fortunées ou des entreprises qui se portent bien. On parle plutôt de mécènes quand il s’agit de personnes privées et de sponsors quand il s’agit d’entreprises. Mais, la frontière entre les deux n’est pas complètement étanche.

La Condition des soies de Saint-Etienne durant la biennale internationale du Desgin de 2015.  Scénographie : HP. Marsal - Second jour.   Photos : Studio 5.56

Quoiqu’il en soit, il faut là aussi convaincre vos interlocuteurs de l’intérêt qu’il y a pour eux à soutenir votre projet. Ce qui suppose que là aussi vous fassiez l’effort de comprendre à quoi ils sont sensibles.

 

Mettre en place un plan d’action

Vous y voyez un plus clair sur ce qu’il vous faut faire pour trouver le financement de votre projet d’autoédition ? C’est le moment de passer au plan d’action.

 

The Workshop Workshop by Russ Unger

 

Un plan d’action, c’est un combiné de liste TTD (Things To Do) et de calendrier aboutissant à une série d’opérations à mener dans un laps de temps donné. Ouf ! Çà parait un peu lourd comme ça, mais c’est ce qui va réellement donner corps à votre projet et le faire passer de l’état de simple intention à celui de projet en cours de réalisation.

Car, dites-vous bien que la formalisation des choses à faire et à contrôler, même la plus basique, est un facteur clef de succès de toute conduite de projet.

 

En résumé

Ne pas réussir à obtenir un contrat d’édition avec une maison d’édition classique ne signifie pas la ruine de tous les espoirs d’être publié un jour. D’abord, parce que l’édition traditionnelle est submergée de manuscrits et on peut comprendre qu’il y ait un paquet de bons manuscrits qui passent entre les mailles du filet.

De sorte que les alternatives à un contrat d’édition ne doivent pas être négligées. Il y a certes les contrats à compte d’auteur. Ils présentent sans doute des risques, mais ces risques peuvent être maîtrisés en refusant de signer de tels contrats les yeux fermés.

Et, puis il y a l’autoédition. Elle représente un coût moindre que l’édition à compte d’auteur et en tout cas elle présente beaucoup moins de risques.

 

Éditer soi-même, c’est largement possible

Cependant, dès lors qu’elle prend la forme d’un livre papier plutôt que celle d’un livre numérique, elle n’est pas gratuite. Et là tout dépend de ce que l’on veut. Plus on a d’ambitions, plus on est exigeant, plus on veut des images, des illustrations couleurs, etc., et plus ça coûte.

Cela dit, une fois qu’on a bien mis au propre son besoin de financement, il ne reste plus qu’à trouver la meilleure formule pour y répondre.  Et, finalement, dans ce domaine, on a bien plus de choix qu’on ne l’imagine de prime abord.

Une fois la bonne formule trouvée, il convient toutefois de mettre en œuvre le plan d’action approprié sans lequel le beau projet d’autoédition pourrait bien rester lettre morte.

 

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