La littérature fantastique pour la jeunesse foisonne. Elle s’adresse à un public, principalement, d’adolescents et de jeunes adultes. Mais, un public plus âgé ne la dédaigne pas non plus. Tant elle est créative. Par conséquent, il est difficile de faire une sélection. Mais, quoi qu’il en soit, certains ouvrages paraissent incontournables.

Pour cette raison, ils ont :

  • été repérés par des spécialistes.
  • reçu des prix.
  • fait l’unanimité auprès des lecteurs ou encore.
  • fait l’objet de films, de séries, ou de jeux vidéo.

Les 12 titres de la liste qui suit appartiennent à la catégorie des ouvrages qu’il faut avoir lu. Les « must have », comme on dit.

Et, comme il se doit, ils se répartissent en plusieurs sous genres selon, notamment, la thématique qu’ils développent.

 

Les livres de dragons

Dans ce sous genre, les dragons ont la cote. C’est que le dragon véhicule avec lui une forte charge symbolique. Il est pratiquement de tous les mythes, aussi bien en Occident qu’en Asie.

Et de tous temps. Pour faire simple, le dragon représente les forces du chaos et l’énergie primordiale.

Maîtrisées avec sagesse, elles sont bénéfiques, livrées à elles-mêmes ou mal comprises, elles n’engendrent que ruines et désespoir. C’est un peu la trame de ce que racontent tous les romans qui mettent en scène des dragons. Comme, par exemple :

L’héritage, de Christopher Paolini

Publié par Bayard jeunesse, en 2004, l’ouvrage comprend 4 tomes. Le premier, de 653 pages, est intitulé Eragon. Le dernier, vient de paraître.

Littérature jeunesse L’héritage, de Christopher Paolini

Eragon est un jeune de 16 ans, bien ordinaire, qui découvre, un jour, au cours d’une promenade en forêt, une pierre bleue qui se révèle être un œuf de dragon. L’œuf éclot, Eragon élève le dragon et devient dragonnier. A partir de là, sa vie change et il doit résoudre une multitude de problèmes pour libérer et sauver le royaume de l’Alagaësia.

Les aventures d’Eragon ont tellement séduit le public qu’elles ont donné lieu à un film. Réalisé par Stefen Fangmeier, il est sorti en 2006. Mais, comme c’est souvent le cas, le film a un peu déçu les lecteurs et les fans d’Eragon. 

Cela dit, il n’y pas de fumée sans feu, et la réalisation d’un film est un bon marqueur de qualité pour le livre dont il est issu.

 

Lueur de feu, de Sophie Jordan

Le livre a été publié par Gallimard jeunesse en 2011. Il comprend 3 tomes. Le premier fait 336 pages.

L’univers de « lueur de feu » est contemporain et Jacinda, l’héroïne, est une lycéenne. Seulement voilà, elle est aussi une draki. C’est-à-dire qu’elle descend de dragons qui peuvent prendre forme humaine.

Évidemment, elle a du mal à contrôler tout ça. Et cela, d’autant plus qu’elle a plus de pouvoirs que les autres membres de sa famille. Certes, elle peut voler, mais, surtout, elle peut cracher du feu.

D’où la question posée : comment vivre normalement dans un monde qui n’accepte pas la différence, surtout, quand cette différence est hors norme et confère des super pouvoirs ?

En regardant ce lac paisible, je suis persuadée que le risque en vaut la peine. Azure arrive, essoufflée. Elle ne prend pas la peine de mettre la béquille. Son vélo tombe bruyamment par terre, à côté du mien… – On ne devrait pas faire ça, Jacinda… dit-elle.

Ainsi commence la saga de Jacinda, Lueur de feu.

 

Harold et les dragons, de Cressida Cowell

La saga fantastique qui comprend 11 volumes dont 9 ont seulement ont été traduits en français s’adresse plus particulièrement aux jeunes de 9 à 12 ans. Elle commence par le titre « Comment dresser votre dragon« .

Tout un programme. Mais, un guide nécessaire quand on est un jeune viking à qui on demande de faire ses preuves et qui malheureusement n’a qu’un petit dragon pour l’aider.

litterature jeunesse Harold et les dragons, de Cressida Cowell

Les premiers volumes ont été publiés par Casterman, à partir de 2010, puis par Hachette romans. A noter que la saga a donné lieu à la réalisation d’un film d’animation en 3 D qui a rencontré un énorme succès et qui a été couvert de récompenses. De ce film a été, par ailleurs, dérivée une série télévisée diffusée d’abord par Cartoon Network, puis par Netflix.

 

Et elle est source d’inspiration pour de nombreux youtubeurs, comme univers dragons :

 

Romans fantastiques de sorcières et de magiciens

Ces romans revisitent d’autres mythes, plus modernes, notamment le mythe de Faust, champion des épreuves du bac philo, et le mythe de l’apprenti sorcier. En général, ça commence avec la surprise et le bonheur de pouvoir accéder à un savoir suprême grâce auquel tout devient possible. Puis, au fil de leur aventures, les héros finissent par se rendre compte que ce savoir peut être encombrant, nuisible même, et les conduire dans des situations limites.

D’où ils ne sortent que rarement indemnes. En tout cas, les épreuves qu’ils subissent, à cause de leurs connaissances, les changent.

 

Harry Potter, de J.K Rowling

Le plus célèbre de ces romans est, bien sûr, la saga d’Harry Potter et ses 7 volumes. Le premier s’intitule « A l’école des sorciers ». Tiré à 500 exemplaires par Bloomsbury, en 1997, sa version française a été publié en France dès 1998, par Gallimard Jeunesse.

Un des exemplaires de la première édition anglaise vient d’être vendu aux enchères pour 33 000 livres. Le fait qu’en un peu plus de 20 ans, Harry Potter a conquis près de 500 millions de lecteurs, dont près de 30 en France.

littérature jeunesse Harry Potter

Quant à l’histoire, on ne la présente plus.  Elle a fait l’objet d’une adaptation au cinéma. En 8 films, celle-ci a généré près de 8 milliards de dollars de recettes et a rassemblé devant les écrans, en France, un peu plus de 58 millions de spectateurs. Des chiffres qui donnent le tournis, sans doute le premier résultat de la magie du petit sorcier inventé par J.K Rowling.

Un dernier mot pour dire que la saga fait partie de ce qu’on appelle la « low fantasy » par opposition à la « high fantasy ». Dans l’un et l’autre, la magie joue un rôle central, mais alors que dans la « low fantasy« , l’univers est contemporain, dans la « high fantasy« , il est lui aussi magique. Traduit en français, la « low fantasy » devient le sous genre « fantastique » et la « high fantasy », le sous-genre « fantasy« .

 

Perry Jackson, de Rick Riordan

La saga de Perry Jackson comprend 7 volumes. L’auteur est américain et a été publié, à partir de 2005, pratiquement en simultané, par la maison d’édition new yorkaise Miramax Books et la maison d’édition française, Albin Michel. Le premier volume s’intitule « Le voleur de foudre« .

L’histoire se déroule à l’époque actuelle. Oui, mais voilà, Perry, qui a douze ans au moment où débute l’histoire, découvre qu’il est, en fait, le fils du dieu grec, Poséidon. Occasion pour l’auteur de remettre au goût du jour tout le panthéon des dieux grecs et la symbolique qu’ils représentent.

Le tome 7, « Percy Jackson et les héros grecs » ne relate pas, à proprement parler, une aventure du héros. Mais, elle permet de faire le point sur les différents dieux grecs, de manière romancée et contemporaine.

Perry Jackson a fait l’objet de deux adaptations cinématographiques. « Le voleur de foudre » en 2010 et « La mer des monstres » en 2013.

 

Les chevaliers d’Emeraude, de Anne Robillard

Publiée pour la première fois au Canada par l’éditeur Mortagne, en 2003, la saga qui ne comprend pas moins de 12 volumes, est publiée, en France, par la maison d’édition Michel Lafon, depuis 2007. L’histoire commence avec « Le feu dans le ciel » et se déroule, principalement, sur le continent imaginaire d’Enkidiev. Après des siècles de paix, le continent est menacé par les forces du mal, mais les chevaliers d’émeraude, 6 hommes et une femme, veillent au grain.

Ils vont empêcher l’empereur Noir, Amecareth, de mener ses sombres desseins à leur terme.

 

Les chevaliers d'Emeraude, de Anne Robillard
Les chevaliers d’Emeraude, de Anne Robillard

 

On est en plein dans ce qu’on appelle l’heroic fantasy. La saga a été lue par près d’un million de lecteurs au Canada et par plusieurs dizaines de milliers en France, dès sa parution. Apparemment trop complexe, la saga n’a pas encore fait l’objet d’une adaptation au cinéma. Cela, malgré les nombreuses sollicitations faites auprès de l’auteure. A défaut, on peut toujours se reporter à la BD qu’Anne Robillard a réalisé avec Tiburce Oger et disponible chez Casterman.

Accessible dès 12 ans, la saga d’Anne Robillard, écrite dans un langage simple, est une excellente préparation à la lecture de cette œuvre majeure de la littérature fantastique mondiale qu’est  » Le seigneur des anneaux » de J.R.R Tolkien.

 

Dark fantasy et atmosphère fantastique de fin du monde

La littérature fantastique jeunesse reflète, comme celle destinée à un public plus âgé, les préoccupations de l’époque et ses angoisses. Un bel exemple est fourni par « Games of thrones » de George R.R Martin. Inspiré de faits historiques réels, transposés dans un univers imaginaire, 9 clans s’y affrontent dans l’espoir d’occuper le trône de fer et d’obtenir le pouvoir suprême.

Le tout sur fond d’apocalypse à venir, dont l’antienne récurrente « Winter is coming  » est le symbole. A des degrés divers, les 3 ouvrages suivants ont une approche romanesque similaire.

 

La saga du sorceleur, d’Andrzej Sapkowski

Publiée en France par Bragelonne, à partir de 2008, la saga comprend 5 volumes. Le premier s’intitule « Le dernier voeu ».

Elle relate des évènements à un moment où ce qui avait fait l’équilibre d’un monde est en train de disparaître. Sous l’impulsion de forces obscures, un nouveau monde débarrassé de ce qui faisait sa diversité est en train d’émerger. Les circonstances font d’un sorceleur, Géralt de Riv, un être génétiquement modifié, une sorte de « passerelle » entre les deux mondes.

 

La saga du sorceleur, d’Andrzej Sapkowski
La saga du sorceleur, d’Andrzej Sapkowski

 

La coloration de l’univers fantastique dans lequel la narration se développe doit beaucoup aux mythes slaves, dont le Ragnarök. De même qu’à l’histoire polonaise, pays d’origine de l’auteur. Et, comme le dit le résumé de 4 ème de couverture du tome 2 :

Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs, Géralt assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l’espoir. Mais, la rencontre avec la petite Ciri, l’Enfant élue, dont il va assurer la protection, va donner un nouveau sens à l’existence de ce héros solitaire.

Lauréate, en 2009, du David Gemmell Legend award du meilleur roman de fantasy, la saga ne cesse de conquérir de nouveaux lecteurs et est devenue en quelques années un vrai phénomène d’édition. Le fait est, qu’outre ses qualités littéraires, la saga a bénéficié du succès du jeu vidéo, « the witcher » qui s’en est inspiré. Du jeu vidéo à l’adaptation cinématographique, il n’y a qu’un pas qui a été franchi avec la production par Netflix d’une saison de 8 épisodes.

Devant le succès obtenu par la première, une deuxième est en préparation et devrait bientôt sortir.

 

Stranger things : Suspicious minds, de Gwenda Bond

Le roman de 512 pages a la particularité de faire suite à la série à succès, du même nom, diffusée par Netflix et d’en donner les clefs. C’est donc une préquelle. Il est publié par les éditions Lumen.

Un deuxième tome, de 607 pages, est également paru, aux mêmes éditions, sous le titre « Stranger things : Darkness on the edge of town » et un troisième est en préparation. A noter, par ailleurs, qu’il existe une version sous forme de BD.

Ces ouvrages décrivent une réalité fantastique, peuplée d’étranges créatures, issue d’expériences de laboratoire menées dans le cadre du programme MK-Ultra de la CIA. Le contexte est donc contemporain et l’histoire se déroule sur plusieurs décennies à partir des années 60. C’est, bien sûr, une œuvre de fiction, mais le projet MK-Ultra, qui lui sert de toile de fond, a bien existé.

 

L’enfant de la poussière, de Patrick Dewdney

Le roman correspond au premier tome, de 600 pages, du cycle de Syffe. Lequel en comprend 2. Il a été publié par les éditions Au diable Vauvert en 2018. L’auteur, Patrick K. Dewdney, est d’origine britannique. Mais, il vit en France et écrit en français. Il a été lauréat du grand prix de l’imaginaire 2019.

 

L'enfant de la poussière, de Patrick Dewdney
L’enfant de la poussière, de Patrick Dewdney

 

Il raconte les aventures de Syffe, jeune orphelin des rues, dans un monde en plein chaos et soumis au bon vouloir des seigneurs de guerre. De fait, les primeautés de Corne-Brune ne manqueront pas d’évoquer certaines contrées actuelles. Pour un lecteur enthousiaste :

Syffe est un petit garçon débrouillard qui vit au jour le jour, entouré d’une petite bande d’enfants au parcours similaire au sien. Et puis, une succession d’évènements va totalement transformer le quotidien du petit vagabond qui va dès lors passer par une multitude de statuts très variés auxquels il va devoir s’habituer.

 

Littérature jeunesse fantastique primée en 2019

La littérature jeunesse fantastique a ses prix : le prix Vendredi, récemment lancé par le syndicat national des éditeurs (SNE), le Grand Prix de l’Imaginaire, dit GPI, le plus ancien, et le prix Sorcières. Ce dernier est attribué par l’association des librairies spécialisées pour la jeunesse (ASLJ) et l’association des bibliothécaires de France (ABF).

L’estrange malaventure de Mirella, de Flore Vesco

Publié par la maison d’éditions, « L’école des loisirs », le roman a reçu le Prix Vendredi 2019. Il raconte l’histoire d’une adolescente, Mirella, qui vit dans la ville d’Hamelin, au 13 ème siècle. Évidemment, on pense immédiatement au joueur de flûte du conte de Grimm.

Mais, la « véritable » histoire racontée, dans une langue savoureuse, par Flore Vesco est bien différente. Ci-après un court extrait illustrant le style original de l’auteure :

Au commencement du mois de juillet, le soleil décida qu’Hamelin ferait une rôtissoire idéale. Il semblait qu’une douche de feu vous tombait sur le crâne dès que vous mettiez le nez dehors. Aux heures les plus chaudes, les braves habitants restaient à l’ombre, endurant vaillamment cette insufférable chaleur.

 

Roslend, de Nathalie Somers

Également lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire 2019, la trilogie de Nathalie Somers a été publié, en 2017, par la maison d’édition Didier Jeunesse. Il mêle personnages historiques, comme Winston Churchill ou le Général de Gaulle, dans une histoire qui se passe en 1940.

 

Roslend, de Nathalie Somers
Roslend, de Nathalie Somers

 

Cela pour le côté réaliste. Quant au côté fantastique.  Il vient de ce que les deux héros, Lucan et Catriona, 28 ans à tous les deux, héritent d’une clé aux pouvoirs surnaturels.

En effet, elle peut les faire passer dans un univers parallèle. On n’est pas loin du « Monde de Narnia ». Or, cet autre univers est lui aussi en guerre. Et, ce qui ce qui se passe dans l’un a des répercussions dans ce qui se passe dans l’autre. De sorte que, selon une lectrice :

1er chapitre : immersion immédiate. 2nd chapitre : l’auteure m’a bluffé. En 10 pages, elle m’a rendu addict.

 

Légende de Podkin le brave, de Kieran Laswood

La trilogie s’adresse à un jeune public de 9 à 13 ans. Publiée par la maison d’édition Gallimard jeunesse, elle met en scène dans son premier tome qui s’intitule « Naissance d’un chef », un lapin facétieux et insouciant. Mais, il va devoir lutter pour défendre sa communauté contre les Gorm, d’affreux lapins, vêtus de métal. Et ce faisant, il va se transformer pour accomplir sa destinée.

L’ouvrage a reçu le Prix Sorcières 2019 dans la catégorie « Carrément passionnant mini »et le prix anglais de littérature jeunesse Blue Peter 2017.

 

La littérature fantastique jeunesse un genre littéraire à part entière

En effet, les ouvrages de littérature fantastique pour la jeunesse sont on ne peut plus sérieux. Car, ils contraignent les écrivains à faire preuve de didactisme, de clarté et d’invention. Cela tient au caractère très exigeant et très demandeur du jeune public.

D’ailleurs, nous livrons quelques clés pour écrire un roman pour ados.

L’écriture de ce genre de roman par les auteurs amateurs ou écrivains confimés n’est pas un phénomène nouveau. A tel point que certains de ces ouvrages sont devenus des monuments de la littérature mondiale. Comme, par exemple, « Le petit Prince », « Les voyages de Gulliver » ou encore « Les aventures de Tom Sawyer ».

De sorte que, rien d’étonnant à ce que les éditeurs de littérature jeunesse se soient multipliés.

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