Romans informatifs, fictions informatives, docufictions, ces sous catégories romanesques ont indéniablement la cote. En tout cas, leurs auteurs ne manquent pas de lecteurs. Des romanciers comme Tom Clancy ont bâti leurs succès littéraire et leur fortune sur des intrigues à suspens se déroulant dans des univers technologiques très bien documentés.

On peut écrire de tels romans en étant au départ un romancier, mais on peut le faire aussi en étant d’abord un scientifique ou un journaliste spécialisé dans un domaine particulier. A vrai dire, les applications littéraires où narrativité et technicité, ou plus largement, narrativité et documentation, sont étroitement mêlés ne manquent pas. Elles concernent aussi bien, entre autres, les thrillers que les romances où la littérature jeunesse. 

Face à ce qui apparait comme un nouveau secteur romanesque en plein essor, on peut donc légitimement se poser quatre séries de questions :

  • C’est quoi un roman informatif ?
  • A quels besoins répondent les romans informatifs ?
  • Quels sont les critères de leur narrativité ?
  • Peut-on distinguer des sous genres de romans informatifs ?

Les romans informatifs, c’est quoi ? 

Les romans informatifs, ce sont des  romans dont le schéma narratif se déroule dans un cadre spatio-temporel très réaliste. Et quand c’est bien fait, l’ensemble est captivant.

D’une manière générale, les auteurs de romans informatifs racontent une histoire fictive, mais plausible et dument documentée, où les personnages fictifs ou réels interagissent les uns avec les autres au gré des évènements, également plausibles, qu’ils rapportent.

Suivant ses finalités, la nature de ses personnages, la répartition entre la fiction et le réel, les romans informatifs peuvent prendre la forme de récits stem, de romans docufictionnels ou de fictions informatives.

Récit stem ou steam

L’acronyme dévoile son intention. Il s’agit principalement d’apprendre en quelque sorte en s’amusant. Le « s » renvoie au mot science, le « t » à technologie, le « e » à engineering, le « a » à arts et le « m » à mathématique. 

Un livre ste(a)m est un livre d’apprentissage dont la finalité est de donner envie d’en savoir plus dans chacune des matières fléchées par l’acronyme. Mais aussi de s’habituer très tôt aux processus professionnels impliquant des compétences pluridisciplinaires.

Le style de rédaction est ludique et souvent imagé. On trouve communément un grand nombre de ces livres dans la littérature jeunesse et comme supports aux enseignements destinés aux catégories jeunes de la maternelle à la fin du cycle secondaire.

Roman docufictionnel

La docufiction ou le roman docufictionnel est un genre romanesque apparu aux Etats Unis avec le roman de Truman Capote « De sang froid » publié en 1966. On parle aussi de roman non fictionnel.

De sang froid, 1966

Dans ce roman, Truman Capote raconte l’histoire d’un meurtre. Celui de la famille Clutter qui a eu lieu au Kansas en 1959. L’intrigue y est basé sur des faits réels, mais la manière dont l’histoire est racontée et l’écriture des dialogues sont l’expression pure de l’art de l’écrivain.

D’autres romans connus peuvent être classés dans la même catégorie. Comme, par exemple, « L’adversaire » d’Emmanuel Carrère, publié en 2000, « HHHhH », de Laurent Binet, publié en 2009. Ou encore, « Les Bienveillantes », de Jonathan Littel, publié en 2006.

Ce dernier qui a été récompensé l’année de sa publication par le grand prix du roman de l’Académie française et par le prix Goncourt raconte sur plus de 800 pages les états d’âme et les horreurs vues par le Dr Maximilien Aue, membre de la SS et d’un commando d’extermination.

Ce ne sont évidemment pas les seuls titres à pouvoir être qualifiés de romans docufictionnels. Outre « les Bienveillantes », dont l’affaire Epstein dont on peut considérer qu’elle n’est, au fond, qu’un énième surgeon, on peut ajouter parmi les plus récents « Laëtitia », centré sur le phénomène contemporain des féminicides.

Les Bienveillantes, 2006

Les Bienveillantes, 2006 - coollibri.com
Les Bienveillantes, 2006 – coollibri.com

Le Dr Maximilien Aue est un juriste docteur en droit, très cultivé. Il n’a rien de réel. C’est un personnage inventé par Jonathan Littel. Mais tout ce qu’il vit et voit est on ne peut plus réel. Sa description du massacre par balles, sous le commandement du SS Standartenfüher Paul Blobel, personnage historique, de près de 50000 juifs en deux jours dans la ravine de Babi Yar à Kiev en septembre 1941 respecte scrupuleusement ce que l’on en savait à l’époque où il a écrit son livre.

Laëtitia, 2016

D’autres auteurs se sont illustrés récemment dans ce genre romanesque comme Yvan Jablonka. Professeur d’histoire à la Sorbonne, Yvan Jablonka a reçu le prix Médicis en 2016, pour son roman « Laetitia ». Il y raconte la destinée de Laëtitia Perrais.  Enlevée à 50 m de chez elle, elle a été étranglée, avant d’être poignardée. Avec cette histoire, Yannick Haenel veut comprendre ce que peut révéler ce fait divers sur la société, la famille, la condition des femmes, les médias, la justice, etc.

La fiction informative

La fiction informative se différencie du roman docufictionnel en ce sens que ce qu’elle raconte n’a jamais existé. Sauf que, c’est ce qui lui donne son caractère informatif, elle se déroule dans un contexte bien réel et vérifiable.

La fiction informative a ainsi une finalité où l’intention pédagogique occupe une grande place. La finalité d’un roman docufictionnel est, quant à elle, de reconstituer une histoire qui a déjà eu lieu. De ce fait, le champ d’application d’une fiction informative est vaste. 

On y trouve un grand nombre de romans historiques, sociétaux ou scientifiques. Citons pour chacune de ces catégories,  à titre d’exemples, « Le vent des Khazars », de Marek Halter, « Le président », de Georges Simenon, ou encore « Seul sur Mars », d’Andy Weir.

Le vent des Khazars, 2001

Dans ce roman qui se déroule à la fois au Xème siècle et au XXIème, Marek Halter reprend les thèses d’Arthur Koestler exposés en son temps dans son ouvrage la treizième tribu publié pour la première fois en 1976. L’intrigue y est simple et ressemble à une intrigue de Dan Brown.

Les personnages y sont fictifs mais les fondements de l’histoire sont bien réels. Il y a bien eu du Dniepr à la mer Caspienne un empire des Khazars dont la particularité est d’avoir choisi le judaïsme comme religion d’Etat. Pourquoi ? Comment ? Jusqu’à quand ? Ce sont quelques uns des thèmes explorés de manière romanesque par l’auteur. Un habitué des thrillers.

Le Président, 1958

Il s’agit d’un roman à part de tous ceux écrits par Georges Simenon bien connu pour les enquêtes de son commissaire Maigret. Ici nulle enquête policière, mais une réflexion lucide sur l’exercice du pouvoir. On y suit les dernier moments d’Augustin. Celui-ci est un ancien président du conseil, dont les traits de caractère font penser à Georges Clémenceau.

L’intrigue y est simple. Son ancien chef de cabinet est en passe de devenir le prochain président du conseil. Depuis le délit d’initié, dont il s’est rendu coupable, et dont lui seul a connaissance, il sait qu’on ne peut pas lui faire confiance pour défendre les intérêts du pays.

Mais, après avoir beaucoup hésité, il ne fera rien pour tenter de briser sa nomination. Il fera même brûler la lettre qui l’accuse, par sa fidèle secrétaire et mourra peu de temps après. En moins de 300 pages romancées, tout y est dit sur les mœurs politiques au plus haut niveau, d’hier et d’aujourd’hui.

Seul sur Mars, 2014

A l’heure où l’on parle plus que jamais de colonisation de la planète Mars, il n’est pas inintéressant de se plonger dans le roman d’Andy Weir particulièrement bien documenté pour comprendre tous les enjeux et défis techniques que pose une telle colonisation. Le tout, bien sûr, en se divertissant. Magie propre au roman et encore plus au roman de science fiction.

Le roman raconte l’histoire d’un astronaute laissé pour mort sur la planète par ses coéquipiers repartis à la hâte à cause d’une énorme tempête de sable. Miracle, à force d’ingéniosité, il parvient néanmoins à survivre. Evidemment, les conditions de sa survie sont on ne plus réalistes et fondées. Et surtout, après de nombreuses péripéties, toutes très bien documentées d’un point de vue scientifiques,  il parvient à quitter la planète et à rejoindre en orbite le vaisseau avec lequel il était arrivé 18 moins plus tôt.

A noter que dans un premier temps aucun éditeur n’a voulu du  roman. L’auteur en a donc été réduit à le publier par lui-même en ligne, en 2011, puis en autoédition sur Amazon. Comme le succès est au rendez vous, les éditeurs finissent par s’y intéresser.  Publié en 2014 par la maison d’édition new yorkaise Crown, dès 2015, il est adapté au cinéma par Ridley Scott avec l’acteur Matt Damon dans le rôle principal.

Les romans informatifs, ça répond à quels besoins ?

Lire des livres délivre !

s’exclame  Nikola Mirkovic à la fin de son essai intitulé « Déclin et Renouveau ». Mais comme beaucoup d’essais de même nature son livre n’est pas toujours d’accès facile. D’où l’intérêt d’un roman qui en reprend les thèses sous une forme romanesque.

Les romans informatifs visent donc non seulement à divertir, mais aussi à faire passer des idées et des informations précises à leurs lecteurs. En bref, les romans informatifs, c’est l’illustration du principe pédagogique « apprendre en s’amusant ». Sachant bien évidemment que tout roman informatif n’est pas forcément drôle.

Alors que peut-on apprendre au juste en lisant des romans informatifs ? Disons que de ce point de vue la lecture d’un roman informatif présente pour ses lecteurs un triple intérêt. 

Echapper à la propagande et à la désinformation

Une librairie, c'est quoi au juste - coollibri.com
Une librairie, c’est quoi au juste – coollibri.com

Si la lecture d’études nombreuses et variées rebute, ne reste alors pour s’informer sur un sujet que les paroles entendues à la télévision, à la radio ou dans des réunions entre amis ou en famille. 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ces sources d’information n’en sont, en général,  pas du tout. Ce ne sont pour l’essentiel que des opinions. Ces opinions seraient à la rigueur acceptables si elles représentaient la synthèse d’études sérieuses sur un sujet.

Mais, c’est très rarement le cas. Le plus souvent, ces opinions sont simplement le reflet des émotions, en bien ou en mal, suscitées par un évènement.

Lesquelles répondent de surcroit aux processus psychologiques propres aux foules. Des auteurs comme René Girard ou Gustave Le Bon ont écrit des choses définitives sur cette question.

Reste donc les romans informatifs.

S’informer en ayant recours à des formes d’écriture familières

Certes un roman reste un roman. Ses procédés sont des procédés romanesques. Ceux-ci sont fondés sur un schéma narratif qui en principe sert de support au développement d’une intrigue qui elle même génère un suspens. 

Pour autant dans ce cadre très familier, le romancier peut faire passer à ses lecteurs des informations et des idées plus solides que ce qui peut se dire à la  télévision, à la radio radio ou dans des repas familiaux.

Ce qui suppose que le romancier agisse sciemment dans ce sens et qu’il ne se laisse pas aller à simplement reproduire les opinions ou les lieux communs du moment. 

Autrement dit, le romancier informatif ne l’est que s’il s’astreint à la même discipline que celle d’un essayiste sérieux. Ses personnages tiendront ainsi des discours parfaitement argumentés et leur contenu sera largement sourcé.

La lettre de Schechter dans le roman de Marek Halter, le vent des Khazars

PHOTO MAREK HALTER  - coollibri.com
PHOTO MAREK HALTER  – coollibri.com

Ainsi, par exemple, dans son roman « Le vent des Khazars », l’auteur, Marek Halter, fait consulter par son personnage principal le dossier connu sous le nom de « lettre de Schechter« .  Pour cela, il le fait se rendre à l’université de Cambridge où il est conservé.

Ce dossier dont il donne les grandes lignes à ses lecteurs est on ne peut plus réel.  De fait, il constitue une pièce essentielle pour retracer l’histoire des khazars.

Mais l’intérêt de cette référence est encore plus importante qu’on ne pense. En effet, elle tient une place non négligeable dans le cadre du conflit opposant Israéliens et Palestiniens.

Difficile, en effet, pour des juifs ashkénazes, originaires d’Europe centrale et, pour nombre d’entre eux, descendant peut-être des khazars, de prétendre dans ce cas là que leur venue en Palestine constitue un retour sur des terres ancestrales. 

C’est cette observation qui est à l’origine de la polémique subie par Arthur Koestler à l’occasion de la sortie en 1976 de son essai historique intitulé « La treizième tribu ». Marek Halter fait d’ailleurs allusion à ce livre dans un des passages de son roman.

On le voit avec cet exemple, un roman peut être bien plus qu’un roman.

Pouvoir compter sur des auteurs fiables

Pour autant, un roman informatif n’est réellement informatif que si son auteur veille à n’intégrer dans l’histoire qu’il raconte que des informations dument sourcées. 

Qu’est-ce qu’une information sourcée ? C’est une information dont on peut retrouver la trace en dehors du roman qui en fait état. C’est-à-dire qu’elle a été formulée par des auteurs, journalistes confirmés, chercheurs spécialisés, qui ont pris le temps et la peine de vérifier que ce qu’ils ont énoncé est vrai.

Comme l’écrit un journaliste soucieux de ce qu’il écrit :

Un journalisme exigeant demande du temps, des enquêtes approfondies et du travail, invisible et non rémunéré. 

D’où les réserves d’usage. En effet, une vérité n’est jamais que relative. Elle dépend de son contexte et de la méthodologie utilisée pour la mettre eu jour. C’est ainsi que les vérités assénées sans crier gare ne sont que des opinions qui ne valent que pour ce qu’elles sont.

Des opinions, pas des vérités objectives.

Par conséquent, un roman informatif écrit dans ces conditions vaut bien des essais, dont le jargon dissimule en fait souvent l’indigence, ou des écrits d’opinions sans réels fondements. Et en plus, si l’auteur a de réels talents de conteur, il peut être passionnant et en faire un « page turner ». 

Cela dit, pour que la mayonnaise prenne vraiment, il convient de veiller à ce que la narrativité du roman informatif réponde bien à trois critères déterminant.

Quels sont les critères déterminant la narrativité des romans informatifs

3 CRITERES DE LA NARRATIVITE DU ROMAN INFORMATIF - coollibri.com
3 CRITERES DE LA NARRATIVITE DU ROMAN INFORMATIF – coollibri.com

C’est quoi la narrativité d’un roman informatif ?

La narrativité d’un roman informatif ne se distingue pas de celle d’un roman tout court. Elle dépend donc de sa composition. De ce fait, on doit y trouver une histoire construite autour d’un schéma narratif, des personnages et un narrateur. Rien que de très banal.

Mais, dès lors que le roman se veut roman informatif, il convient d’y ajouter des ingrédients particuliers. Ce qu’on peut appeler les critères déterminants qui vont faire d’un roman lambda, un roman informatif.

Les trois critères de base qui caractérisent le roman informatif

Temporalité linéaire du roman informatif

La notion de temporalité est propre à tous les romans. Elle constitue un facteur essentiel dans l’écriture d’un roman. De ce fait, la manière de l’appréhender peut prendre de multiples formes. Mais, dès lors qu’elle s’inscrit dans le cadre d’un roman informatif, elle obéit à un certain ordre. 

Cet ordre, c’est celui qu’implique la volonté de transmettre un savoir. L’auteur d’un roman informatif est donc tenu, non seulement par le rythme qu’il veut donner à son histoire, mais aussi par le souci d’être pédagogique.

De ce point de vue, il ne peut y avoir de bonne pédagogie sans progressivité. D’une manière générale, la temporalité d’un roman informatif est donc linéaire. Ce qui n’empêche pas qu’à certains moments clés, elle puisse avoir recours à des focus ou à des comparaisons temporelles.  

« Le vent des khasars », de Marek Halter offre un très bel exemple d’une telle comparaison. L’ordonnance de ses chapitre alterne ainsi des évènements se déroulant au milieu du Xème siècle et d’autres au début du XXIème.

Impact du roman informatif

L’auteur d’un roman informatif veut plus qu’un autre impacter son lecteur. C’est-à-dire provoquer un changement, changer sa vision d’une situation ou d’un évènement.  Cet impact se mesure à quatre niveaux.

Il est d’abord éducatif. En lisant un roman informatif, on enrichit indéniablement ses connaissances. Avant de lire « le vent des khasars », de Marek Halter, si on poursuit avec cet exemple, le lecteur n’avait probablement jamais entendu parlé de l’empire khasar. 

Il est aussi intellectuel. Toujours en s’appuyant sur le roman de Marek Halter, le lecteur ne peut manquer de s’interroger sur la manière dont tout un peuple a choisi, à l’époque de Charlemagne, de faire du judaïsme une religion d’Etat après l’avoir mis en compétition avec les deux autres religions du Livre.

Il est également émotionnel. On ne lit pas un roman en restant insensible à ce qui arrive à ses personnages principaux.  Et cette dimension émotionnelle est le meilleur moyen pour mémoriser ses ressorts les plus marquants. Bien mieux que ne saurait le faire une étude avec une démarche heuristique en bonne et due forme.

Reste enfin le dernier niveau, à la fois culturel et social. Evidemment, il est plus facile de parler d’un roman informatif autour de soi et de susciter des envies de lecture que d’un essai très argumenté ou d’une histoire dominée par son académisme.

L’un et l’autre sont sans aucun doute plus fouillés que le roman qu’ils ont pu faire naître, mais leur impact est aussi, en général, beaucoup plus limité.

La conflictualité, ingrédient nécessaire au roman informatif.

Tout lecteur le sait, un roman, c’est d’abord une histoire. Et y a-t-il des histoires sans histoire ? Dans son sens générique, avoir une histoire, c’est avoir un problème. De ce fait, ce n’est pas pour rien qu’on parle de schéma narratif pour caractériser le plan suivi par l’auteur d’un roman pour l’écrire.

Si le schéma narratif d’un roman ordinaire peut presque se passer d’une histoire, voir pour cela les romans de Virginia Woolf, il n’en est pas de même pour un roman informatif.

Dans un tel roman, la conflictualité, c’est le mot qu’on utilise pour parler de son histoire et de la tension qu’on attend de celle-ci pour générer un suspens, peut se manifester de plusieurs façons. 

Elle peut être ainsi l’expression d’un conflit social, idéologique ou historique. Les personnages y jouent souvent le rôle de porte parole de telle ou telle position. Mais la conflictualité peut être aussi l’expression d’un conflit intérieur.

Dans ce cas, le côté informatif du roman renvoie à des situations d’ordre psychologique et aux  solutions ou problèmes qui s’y rapportent.

Différentes formes du roman informatif

A bien des égards, un roman informatif est une façon de rendre très vivants les éléments constitutifs d’un scénario prospectif, d’une recherche historique ou d’une problématique existentielle.

Scénarios prospectifs mis en forme par des romans de science fiction

Dans une interview donnée en février 2026, au magazine hebdomadaire suisse, « Die Weltwoche« , le célèbre démographe et historien Emmanuel Todd donne son point de vue sur les bouleversements géopolitiques en cours et leur signification pour le monde occidental, notamment pour l’Europe, ses Etats et ses institutions. 

Ce qui est frappant dans cette interview, c’est la place qu’Emmanuel Todd accorde aux romans de science fiction, autrement dit, aux scénarios prospectifs romancés. 

Ce que nous vivons actuellement ne se produit habituellement que dans les romans de science fiction. 

Et son interlocuteur, loin de le démentir, reprend plus loin les termes de son affirmation. Le fait est que même si on peut en douter, d’autres auteurs ont montré, voire démontré, qu’il fallait prendre la science fiction au sérieux.

C’est le cas de Pierre Bayard qui en esquisse la théorie dans son essai « Demain est écrit » ou de Georges Orwell, Ray Bradbury, Jules Verne ou encore Morgan Robertson

PHOTO COUVERTURE DEMAIN EST ECRIT - coollibri.com
PHOTO COUVERTURE DEMAIN EST ECRIT – coollibri.com

Recherche historique 

La science fiction n’est pas le seul domaine où un auteur peut s’illustrer avec un roman informatif. C’est aussi le cas avec certaines périodes ou évènements historiques. 

Quoi de mieux, en effet, pour revivre une époque révolue que de s’y plonger avec délices grâce au savoir faire d’auteurs comme Ken Follet, Maurice Druon, Alexandre Dumas, ou Christian Jacq. Entre autres. 

On a cité plus haut Marek Halter et les Khasars. on aurait pu tout aussi bien cité Colleen MacCullough et sa monumentale saga « Les maîtres de Rome ».

A noter que la période historique qu’elle y décrit, celle de l’ascension et de la chute de la République romaine, bien avant celle de l’Empire romain, a fait l’objet d’un brillant essai de comparatisme historique entre cette période et la notre, écrit par David Engels

Problématique existentielle

D’autres domaines profitent aussi de la dynamique engendrée par une mise en scène à la fois romanesque et informative. C’est le cas, par exemple, avec les romances steministes

Ces romances mettent notamment en scène les difficultés d’être femme dans un milieu dominé par les hommes et peu favorable aux femmes scientifiques ou techniciennes. L’autrice Ali Hazelwood, titulaire d’un doctorat en neurosciences, s’en est fait une spécialité.

Commencé comme une fanfiction dérivée de Stars War, publiée sur AO3, son premier roman, intitulé « the love Hypothesis, sorti en librairie en 2021, en constitue une très bonne illustration. Le roman a figuré pendant de nombreuses semaines sur la liste des bestsellers du New York Times.

Les romans informatifs aident à se faire une opinion

Les romans informatifs ne remplacent pas une étude approfondie faite par un spécialiste sur un sujet donné. Mais les romans informatifs peuvent y conduire en donnant envie d’en savoir plus.

Quoi qu’il en soit, un roman informatif donne plus d’informations sur une affaire ou un thème particulier que, par exemple, n’importe quel reportage vidéo présenté en une ou deux minutes dans un journal télévisé.

Le temps de lecture pousse à la réflexion, la narrativité du roman aide à en intégrer tous les éléments et les informations qu’il distille et replace dans son contexte aident à se forger une opinion plus juste que bien des discours. 

Le tout en évitant l’écueil de l’inévitable rébarbativité de tout ouvrage scientifique ou philosophique. 

Enfin, pour tout auteur soucieux de développer un point de vue sans avoir le cursus universitaire approprié, il est toujours facile d’écrire un roman informatif , ce qui ne demande aucune qualification particulière, si ce n’est d’être un bon conteur et d’avoir le souci de faire référence à des sources fiables

Ne reste plus alors qu’à l’autoéditer sur une plateforme appropriée comme CoolLibri.

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