Un écrivain peut gagner autant qu’une star du football ou du cinéma. Mais, il lui faut être tout en haut des classements.

Selon le dernier, établi par Forbes, James Patterson est l’auteur le mieux payé au Monde. Ses revenus ont atteint 86 millions de dollars en 2018.

C’est un habitué de la première place et cela fait 10 ans qu’il la « truste ». Il y a de fortes chances pour qu’il en soit encore ainsi en 2019.  Son dernier roman, co-écrit avec Bill Clinton, est déjà très bien parti.

Et les écrivains français, dans tout ça ? Si aucun d’entre eux ne figure dans le fameux classement, cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas vivre de leur plume.

Certains, comme Guillaume Musso ou Marc Lévy, en vivent très bien même. Et, beaucoup en tirent un revenu complémentaire bien loin d’être négligeable.

En outre, les romanciers ne sont pas les seuls à pouvoir gagner leur vie en écrivant. On peut y ajouter une kyrielle de nouveaux métiers ou de métiers anciens remis au goût du jour. On le doit à internet. Comme, par exemple, les rédacteurs web ou les écrivains publics.

 

1 – Que peut espérer gagner un écrivain avec un contrat d’édition ?

Il a déjà accompli un grand pas puisqu’il a réussi à retenir l’attention d’un comité de lecture et qu’un contrat d’édition lui a été proposé. Cette étape n’est pas la plus facile pour un écrivain.

Écrire est une chose, négocier les termes d’un contrat en est une autre. La plupart du temps, la négociation est donc inexistante.

Sauf, quand, chose encore rarissime en France, l’auteur se décide à faire appel à un agent littéraire. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles les écarts de rémunération sont parfois si grands entre auteurs anglo-saxons et auteurs français.

La pratique des agents littéraires est beaucoup plus répandue parmi les premiers.

 

Conditions standard du contrat d’édition

C’est le lot de 80 % des auteurs professionnels. Les 20 % restant concernent les auteurs à forte notoriété, bénéficiant d’une rémunération attractive et, surtout, les auteurs participant d’une certaine manière aux frais d’édition. Hors mis ces cas, d’une manière générale, les revenus d’un écrivain vont être versés sous forme de droits d’auteur, selon la règle dite du « 8/10/12 ».

Elle signifie que l’auteur touchera 8 % sur les ventes hors taxe de son livre, jusqu’à 10 000 exemplaires, 10 % entre 10 000 et 20 000 exemplaires, et 12 % au-delà. A noter que ces droits sont nets de charges, lorsqu’ils sont versés par la maison d’édition.

Fiscalement, il peut les déclarer soit comme traitements et salaires, soit comme BNC (Bénéfices Non Commerciaux). Dans le premier cas, le montant imposable est égal à 90 % du montant déclaré. Dans le second cas, il est égal à 66 %, selon le régime du micro-BNC.

 

Chiffres clés des rémunérations en 2018

Ces données sont issues du très officiel rapport sur le secteur du livre publié chaque année par le Ministère de la Culture. Pour 2018, basé sur les données 2016-2017, celui-ci précise que les droits d’auteur versés en 2016 par les éditeurs se sont élevés à 468 millions d’euros. Sur la base de 88 000 auteurs recensés, cela représente une moyenne de 5318 euros par auteur. Toutefois, ces chiffres recouvrent d’énormes disparités.

Le nombre d’auteurs percevant plus de 8000 euros par an ne seraient que de 12000. Et ce chiffre tombe à 1600 pour ceux dont les droits d’auteur seraient au moins égaux à 3 fois le smic.

Le fait est que la plupart des auteurs doivent se contenter d’un à-valoir qui dépasse rarement 1000 euros par livre publié. Et cela, à supposer que leurs ventes prévisibles se situent au moins entre 500 et 800 exemplaires par titre. Ce qui correspond à la moyenne des ventes observées.

 

un écrivain gagne 8000€ au moins par an
Combien gagne un écrivain ? 8000€/an au moins

 

 

Pour toutes ces raisons, les 2/3 des auteurs ont une autre activité qu’ils exercent à titre principal. Par ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux à s’auto-éditer.

C’est le cas, désormais, pour 1/5 ème des livres publiés. Il y a 10 ans, cela ne concernait que 1/10 ème des titres. 

En effet, à ventes égales, l’autoédition rémunère plus que l’édition classique. De plus, elle constitue un excellent tremplin vers celle-ci.

 

2 – Que peut rapporter l’autoédition ?

Droits d’auteur et revenus d’auteur

Le calcul est simple. A titre d’exemple, un ebook vendu 4 € TTC, via une plateforme d’autoédition, rapporte autant à son auteur, sinon plus, qu’un livre vendu 20 € TTC par les circuits traditionnels. Le prix HT du livre numérique à 4 € TTC est, en effet, de 3,79 €. La TVA réduite à 5,5 % s’applique désormais aux productions numériques.

Sur ces 3,79 €, les revenus d’auteur varient entre 70 et 100 %. Ces revenus qui ne sont pas des droits d’auteur sont, soit des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), soit des BNC (Bénéfices Non Commerciaux) suivant la préférence de l’auteur et le statut choisi.

 

Salaires, BIC et BNC

Un livre édité par une maison d’édition traditionnelle et vendu 20 € TTC rapporte, en général, à son auteur 1,52 € HT par exemplaire, si les ventes ne dépassent pas 10 000 exemplaires. Pour 200 exemplaires vendus, cas le plus fréquent pour un auteur débutant, l’auteur touchera 304 € HT.

Toutefois, ce montant est brut. La règle est, en effet, de verser à l’auteur un montant net, c’est-à-dire déduction faite des charges sociales, environ 20 %, payées directement par l’éditeur.

C’est pourquoi les droits d’auteur correspondent, dans ce cas, à des traitements et salaires. Le même nombre d’exemplaires vendus sous forme de ebooks, via une plateforme, rapportera 758 € à l’auteur, si celle-ci ne lui retient aucune commission et 531 €, si cette commission est de 30%. Ces montants sont nets. Il appartient à l’auteur de les déclarer, soit en BIC, soit en BNC, comme précédemment indiqué.

Autrement dit, pour 200 exemplaires, l’auteur gagnera 244 euros nets avec un éditeur traditionnel et entre 2 et 3 fois plus s’il est son propre éditeur. Cependant, il convient de noter qu’un contrat d’édition n’implique aucun frais de promotion ou de distribution à la charge de l’auteur. Ce n’est pas le cas en autoédition.

 

Et l’édition à compte d’auteur ?

Elle nécessite un investissement de la part de l’auteur. il faut compter, par exemple, entre 1700 et 2000 € pour l’impression de 200 exemplaires d’un livre au format A5 de 200 pages, dont une vingtaine en couleur, sur du papier blanc. Le prix de revient se situe donc entre 8,5 € HT et 10 € HT par exemplaire.

Mais ce n’est là qu’une indication. Car, beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte.

Sur cette base indicative, le prix de vente doit se situer, au moins, entre 17 et 20 € HT. En effet, il ne faut pas oublier d’y ajouter, entre autres, les inévitables frais de promotion et de distribution, de même que la marge commerciale souhaitée.

A noter que suivant la maison d’édition, une partie des frais de promotion et de distribution peut être pris en charge par l’éditeur lui-même.

 

Combien gagne un écrivain qui écrit des guide de voyage
L’écriture de guide de voyage peut être une source de revenu qui allie bien des avantages.

 

Le choix d’une telle option qui peut être très rentable, dans le cas, par exemple, de topoguides, ne peut, en réalité, s’envisager que si l’auteur a aussi l’âme d’un commerçant. Ou bien alors, il le fait par pur plaisir, comme il le ferait, s’il décidait de partir en croisière, par exemple.

 

3 – Les autres revenus de l’écriture

On vient d’évoquer l’écriture de topoguides. C’est mettre l’accent sur d’autres moyens de gagner de l’argent en écrivant, sans pour autant écrire un roman.

Un écrivain peut ainsi être un écrivain public, un rédacteur web ou un pigiste « print ».

 

Ecrivain public

Être écrivain public, c’est exercer un vieux métier. Mais ce métier s’est bien renouvelé. Il consiste à accompagner, notamment, le public dans ses démarches administratives et dans la rédaction de courriers particuliers.

Suivant le travail demandé et la qualité du demandeur, entreprise ou particulier, le tarif par page de 250 mots peut aller de 3,50 € HT à 65 €HT. Beaucoup d’écrivains publics sont adhérents au SNPCE (Syndicat des prestataires et conseils en écriture).

 

Combien gagne un rédacteur web

La croissance permanente du nombre de sites vitrines ou de sites boutiques implique un nombre croissant de rédacteurs web. L’entreprise n’est pas toujours la mieux placée pour rédiger des textes à publier sur son site.

Souvent, ses rédacteurs ont du mal à assurer un flux régulier de textes et n’ont pas toujours les connaissances suffisantes pour répondre aux spécificités des moteurs de recherche.

Ces deux inconvénients ont, en général, pour résultat de placer l’entreprise et son site dans les dernières pages des classements lors des recherches faites par les internautes. Or, ces derniers vont rarement au-delà de la première page. Autant dire, que ce site a peu de chance d’être vu et consulté.

 

Combien gagne un écrivain ou plutôt, un rédacteurs web ?
Combien gagne un écrivain ou plutôt, un rédacteurs web ?

 

 

En général, un rédacteur web est payé au mot. Ce tarif va de 0,013 € à plus de 0,10 € par mot. La plupart des rédacteurs web ont une rémunération qui se situe entre 0,01 € et 0,02 € par mot. Ce qui équivaut à 7,5 € HT par page au format A4.

Sur cette base tarifaire, la rédaction web ne peut assurer, au mieux, qu’une rémunération complémentaire. Cependant, les rédacteurs web expérimentés et maîtrisant les subtilités de la SEO (Search Engine Optimization) bénéficient de tarifs beaucoup plus élevés. Ils peuvent ainsi très bien vivre à temps complet de leurs prestations.

 

Pigistes

Les réseaux sociaux et les magazines d’info sur YouTube n’ont pas fait disparaître les organes de presse. Bien au contraire.

Souvent, les supports web sont couplés à des supports « print ». Les besoins en rédacteur « pigistes », autrement dit « à la demande », est donc constante.

Entre les nécessités de l’actualité et les besoins en enquêtes approfondies, sur des thématiques extrêmement diverses, il y a place pour de nombreux rédacteurs de talent. Et le fait est qu’à la différence de la rédaction web, ce type de rédaction implique davantage de créativité et de recherche. Le tarif varie donc de 0,1 € par mot à 0,15 €, voire plus, selon la notoriété du rédacteur.

 

Gagner sa vie comme écrivain ?

C’est toujours possible. Mais, cela suppose que deux conditions soient réunies :

  • La première, que l’on maîtrise parfaitement l’usage de la langue et des mots. Un rédacteur brouillé avec la syntaxe et la grammaire n’a guère d’avenir dans le secteur, même avec l’aide de tous les logiciels d’assistance à l’écriture qu’il peut être capable de dénicher. Un bon rédacteur écrit, naturellement, de manière fluide et sans effort. En outre, bien évidemment, ses textes sont parfaits quasiment dès le premier jet.

 

 

Citation Nicolas Boileau
Être le meilleur écrivain maîtrisant langue et écriture.

 

 

  • La deuxième, que l’on sache précisément dans quel domaine s’investir. Écrire un roman, ce n’est pas la même chose qu’écrire un article pour le web ou pour un journal, et encore moins qu’écrire un texte professionnel pour une entreprise ou un particulier. Pourtant, dans chacun de ces cas, il s’agit d’écriture et de la possibilité d’en retirer des revenus. Il convient donc de bien choisir le secteur dans lequel il est le plus facile d’exceller. Seule façon, de pouvoir bien vivre de ses talents d’écrivain.

 

Sans la langue, en un mot, l’auteur le plus divin est toujours, quoi qu’il fasse, un méchant écrivain.

Nicolas Boileau

 

 

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