Chaque année, des dizaines de milliers de manuscrits atterrissent sur les bureaux des maisons d’édition.

Et encore… Ce chiffre serait bien plus vertigineux si l’on comptabilisait tous ces manuscrits inachevés, ces projets abandonnés, ces romans arrêtés au chapitre 7, ces textes qui dorment dans des dossiers nommés “version_finale_v3_definitive”.

La stratégie des auteurs est extrêmement variable. Certains abandonnent. Ils n’écrivent jamais le mot fin.

Le manuscrit reste en suspens, puis finit dans un tiroir — physique ou numérique.

D’autres envoient leur texte à une poignée d’éditeurs soigneusement choisis. À l’inverse, certains multiplient les envois, espérant que la loi du nombre fera la différence. Mais la réalité est brutale.

Seuls 0,016 % des manuscrits reçus sont publiés.

Oui. Vous avez bien lu.

Que les envois soient ciblés ou massifs, le résultat reste infime. Statistiquement, la probabilité est microscopique. De quoi décourager les plus motivés. De quoi pousser beaucoup d’auteurs à renoncer.

Et pourtant… Le flot ne se tarit pas. Chaque année, de nouveaux manuscrits arrivent. Portés par l’espoir. Par la conviction. Par cette petite voix intérieure qui dit : “Mon histoire mérite d’exister.”

Submergées, certaines maisons d’édition se voient même contraintes, à certaines périodes, d’annoncer publiquement qu’elles refusent tout nouveau manuscrit envoyé de manière aléatoire.

Le système est saturé. Alors la question devient inévitable :

  • Que faire quand un manuscrit cumule les refus ?
  • Abandonner ?
  • Réécrire ?
  • Changer de stratégie ?
  • Explorer d’autres voies comme l’autoédition ?

Le sort réservé à l’immense majorité des manuscrits n’est pas seulement une statistique. C’est une épreuve.

Mais c’est aussi un moment de vérité. Car un refus n’est pas toujours un verdict. Parfois, c’est un signal. Un indicateur. Une invitation à repositionner, améliorer, clarifier. La vraie question n’est peut-être pas : “Pourquoi ai-je été refusé ?”

Mais plutôt : Quelle stratégie vais-je adopter maintenant ?

 

Surmonter la déception qui suit le rejet de son manuscrit

Pas évident de surmonter la déception qui suit le rejet de son manuscrit

Bien sûr, le rejet systématique d’un manuscrit que l’on a passé des jours et des jours à écrire et à peaufiner est source d’une énorme déception. Il y a de quoi être abattu pour longtemps. Sinon, de manière définitive.

Après la joie d’avoir pu conduire son projet d’écriture jusqu’à son terme, la succession inexorable des rejets de toutes les maisons d’édition contactées débouche, de façon tout aussi inexorable, sur une période qui ressemble beaucoup à celle du deuil qui accompagne la mort d’un être cher.

Deuil de ses espérances.

Deuil de ses ambitions.

On pensait avoir écrit quelque chose de super génial, mais les rejets démontrent qu’il n’en est rien. Pire, même.

On s’attendait à ce qu’en cas de refus de son manuscrit on ait, au moins, quelques explications sur les raisons de ce refus.

Mais non.

En lieu et place, on n’a droit qu’à un silence glacial.

On était prêt à se lancer dans un nouveau projet et à participer à une multitude de rencontres littéraires, mais on n’a plus goût à rien.

Finie la vie d’artiste.

À quoi bon ?

Pourtant, comme pour tout deuil, passés ces premiers moments arrive celui où l’on comprend qu’on ne le surmonte qu’en continuant à avancer.

Le manuscrit qu’on a présenté est certes bien mort puisqu’il n’a pas su trouver un éditeur ou son public.

Mais sa mort n’est aussi qu’une étape dans toute vie d’écrivain.

 

Rechercher les raisons pour lesquelles un manuscrit est refusé 

Le rejet d’un manuscrit par une maison d’édition n’est pas forcément le signe d’un scandale. Dans 75 % des cas, ce rejet est, en fait, on ne peut plus justifié. Pour des raisons à la fois de forme et de fond.

 

Raisons de fond

Commençons par les raisons de fond. Beaucoup d’auteurs écrivent sur ce qu’ils connaissent le mieux. C’est humain. Mais ce peut être aussi très ennuyeux et très bateau, s’ils ne font que décrire leurs difficultés d’être, leurs maladies, leurs mésaventures ou les voyages auxquels ils ont pu participer.

Tout cela est intéressant et surement réparateur ou très positif pour ceux qui les écrivent, mais est-ce suffisant pour faire vendre des livres et séduire un comité de lecture ? Une chose est sûre,  dès qu’elles aperçoivent ces thèmes dans les manuscrits qui leur parviennent,  la plupart des maisons d’édition s’en détournent quasi instantanément.

Si on manque d’inspiration, on peut toujours aller faire un tour du côté des fanfictions et de Wattpad. Rien n’empêche d’y transposer ce qu’on a vécu dans un contexte plus « vendeur ».

Par ailleurs, à supposer même que ces histoires parviennent à franchir ce cap, encore faut-il pour qu’elles puissent voguer vers les joyeux horizons de la publication qu’elles s’inscrivent bien dans la ligne éditoriale de la maison d’édition à laquelle l’auteur du manuscrit s’est adressé.

 

Raisons de forme

Ce n’est pas parce que ce qu’on écrit est sincère qu’on peut tout se permettre sur le plan grammatical et syntaxique. Inutile donc d’avoir recours à un vocabulaire déstructuré en croyant faire vrai, mais rendant surtout incompréhensible ce qu’on a écrit.

Et le summum est atteint quand en plus d’une maîtrise approximative de la langue, les auteurs ayant la prétention d’être publiés par une maison d’édition classique « s’amusent » à entrelarder leur expression avec des tournures empruntées à l’écriture dite inclusive.

Dans ce dernier cas, aucune chance d’être un jour lauréat un jury du grand prix du roman de l’académie française pour qui ces tournures ne sont tout simplement pas licites.

Et ce n’est pas tout. On n’envoie pas un manuscrit comme ça !  Il lui faut une lettre d’introduction. Celle-ci exige aussi un certain talent d’écriture. Elle en constitue  même une synthèse.

Si elle commence par une formule du genre, « Madame, Monsieur, j’ai bien l’honneur de vous adresser, etc. « , il y a de fortes chances pour que cette introduction n’en soit finalement pas une. Ou alors une très mauvaise.

 

La chose importante à retenir

La liste des raisons qui viennent d’être évoquées et qui peuvent expliquer le rejet d’un manuscrit par une maison d’édition est loin d’être exhaustive. Ce qu’il faut retenir c’est que sans avoir à attendre des observations ou des commentaires de l’éditeur ayant refusé son manuscrit tout auteur peut tout aussi bien se poser de bonnes questions. Lui-même. En cochant, par exemple, les cases Oui/Non d’une check list. 

Le thème de son manuscrit est-il original ? Oui/Non. 

Son style est-il impeccable ? Oui/Non

Respecte-t-il la ligne éditoriale de l’éditeur ? Un peu/ Beaucoup/ Pas du tout

Sa lettre d’introduction est-elle bien tournée ? Oui/Non

Entre autres questions. 

 

Faut-il remanier un manuscrit refusé ou en écrire un nouveau ?

Recevoir un refus d’éditeur est un choc. On doute. On remet tout en question. Parfois, on envisage même d’arrêter d’écrire. Pourtant, d’un manuscrit à l’autre, les compétences progressent. Le regard s’affine. Le style s’affirme. Le contact éditorial devient plus stratégique.

Un refus n’est pas une fin. C’est un carrefour.

Points clés à retenir

  • Un manuscrit refusé n’est pas forcément mauvais, mais souvent perfectible.
  • Remanier signifie restructurer en profondeur, pas simplement corriger quelques phrases.
  • Les retouches superficielles mènent généralement à un nouveau refus.
  • Écrire un nouveau manuscrit permet d’intégrer les leçons apprises et de progresser plus vite.
  • L’échec devient un levier de maturation littéraire.

 

Définition rapide

Manuscrit refusé : texte soumis à un éditeur et non retenu pour publication. Le refus peut concerner le style, la structure, le positionnement éditorial ou la cohérence globale du projet.

 

Comment remanier un manuscrit refusé

Remanier ne signifie pas polir quelques paragraphes. Ce n’est pas déplacer deux chapitres ou corriger des fautes résiduelles. C’est reprendre l’ouvrage comme si l’on était son propre éditeur.

Revoir la structure en profondeur

Le rythme, le titre, la tension et schéma narratif, l’architecture des chapitres : tout doit être questionné. Si le cœur du problème réside dans le schéma narratif, alors il faut le repenser. Début trop lent ? Conflit flou ? Personnage principal passif ?

Un manuscrit retravaillé en surface conserve ses faiblesses initiales. Un manuscrit reconstruit change d’ossature.

“Un texte ne progresse vraiment que lorsque son auteur accepte de le déconstruire.”

Conseil d’atelier d’écriture

 

Retravailler le style si nécessaire

Si la faiblesse principale concerne le style, la démarche doit être radicale. Simplifier les phrases. Clarifier les dialogues. Éliminer les répétitions. Donner plus de précision aux descriptions. Chercher la cohérence de ton.

Un manuscrit peut contenir une bonne idée et échouer à cause d’une exécution fragile.

 

Erreur fréquente :

Envoyer à nouveau un texte à peine modifié en espérant une réaction différente. Sans transformation réelle, le résultat sera identique.

 

Quelle réaction attendre d’un éditeur ?

Un manuscrit légèrement retouché a de fortes chances d’être rejeté à nouveau. Les ajustements mineurs ne sont généralement pertinents que lorsque l’éditeur lui-même demande des modifications en estimant le texte publiable.

En dehors de ce cadre, un simple lifting éditorial ne suffit pas.

 

Se lancer dans l’écriture d’un nouveau manuscrit

Souvent, la réponse la plus constructive à un refus consiste à écrire un nouveau texte. L’idée centrale : on fera mieux la prochaine fois.

Chaque manuscrit devient un terrain d’apprentissage. On comprend mieux les attentes du marché. On identifie ses propres faiblesses. On gagne en maîtrise.

Conseil stratégique :

Plutôt que de rester bloqué sur un refus, transformez-le en laboratoire d’expérience. Notez les retours reçus, analysez-les, puis appliquez-les à un nouveau projet.

 

Apprendre de l’échec

On apprend toujours de ses échecs. À condition de chercher à comprendre pourquoi ils se produisent. Était-ce une question de timing ? De positionnement ? De maturité littéraire ?

Avec le recul, après avoir laissé le manuscrit refusé reposer quelque temps, une relecture lucide révèle souvent ses limites. Ce texte que l’on pensait abouti apparaît moins solide qu’on ne l’imaginait.

Pas nécessairement mauvais. Mais pas encore prêt.

Comment lire cet exemple

  • Considérez le refus comme un indicateur, pas comme un verdict définitif.
  • Distinguez les problèmes structurels des problèmes stylistiques.
  • Laissez reposer le texte avant toute décision.
  • Décidez ensuite : reconstruction ou nouveau projet.

 

Remanier ou écrire un nouveau manuscrit : comparatif

OptionAvantagesLimites
Remanier le manuscritValorise le travail déjà accompli, permet une amélioration ciblée.Peut conserver des faiblesses structurelles si la refonte n’est pas profonde.
Écrire un nouveau manuscritIntègre pleinement l’expérience acquise, favorise un bond qualitatif.Demande un nouvel investissement en temps et en énergie.

 

Transformer le refus en progression

Face à un manuscrit refusé, deux chemins s’offrent à vous. Le reconstruire avec exigence. Ou tourner la page et en écrire un nouveau. Aucun choix n’est universel. Tout dépend de la nature des faiblesses identifiées.

Ce qui compte, ce n’est pas le refus. C’est la manière dont vous l’utilisez.

Chaque texte écrit vous rapproche d’un manuscrit plus solide, plus cohérent, plus abouti. L’échec devient alors un passage. Non un arrêt.

 

Faut-il autoéditer un manuscrit refusé ?

Cela dit, rien n’empêche d’autoéditer un manuscrit refusé pour cause d’inadaptation au marché éditorial. C’est la meilleure façon de le conserver et de s’encourager à en écrire un autre.

Et puis, on en a suffisamment d’exemples, les éditeurs peuvent se tromper. Mais encore une fois, il est recommandé avant de le faire de passer son manuscrit au crible d’une lecture critique. 

Même en autoédition, il n’est pas sage de laisser passer un manuscrit mal écrit. Du moins, si on envisage de le rendre public. Notamment, dans une bibliothèque en ligne.

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