Voilà bien une chose à laquelle vous ne vous attendiez pas quand vous vous êtes lancé dans l’écriture de votre roman. En écrire le synopsis ! Quésaco ?

Votre manuscrit est désormais terminé. Vous l’avez lu, relu et corrigé.  Et vous êtes plein d’espoir, car vos lecteurs bêta ne vous en disent que du bien.

Alors, vous avez préparé une première liste de maisons d’édition et vous rêvez que l’une d’entre elles, ou même plusieurs, se précipite sur son téléphone et vous appelle pour vous proposer un contrat d’édition après avoir lu votre super roman.

Et puis, et puis, vous lisez des articles sur l’édition. Beaucoup d’articles. Le temps passe.

Vous rencontrez même d’autres apprentis auteurs. Et puis, et puis, vous êtes sans réponse des deux ou trois éditeurs sur lesquels vous comptiez.

Et là, vous comprenez, soudainement, que sans avoir jamais rien publié, sans parrainage, sans « truc » de plus, sans manuel, ça va être très dur de vous faire remarquer. Alors, que pouvez-vous faire pour améliorer vos chances de publier votre récit et ses péripéties et attirer l’attention d’un éditeur ? Mais, écrire un synopsis de votre roman, bien sûr !

 

Qu’est-ce que c’est qu’un synopsis de roman, de livre ou de manuscrit ?

Définition et origine du mot synopsis

Commençons par le commencement. Le Larousse donne deux définitions au mot synopsis en recommandant de bien faire attention aux places respectives du y et du i : y d’abord, i ensuite. Et, là, surprise, synopsis peut être un nom masculin ou un nom féminin.

D’ailleurs, comme le précise le dico, le mot était autrefois féminin. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, quand il est au masculin, c’est, nous dit le Larousse, un :

Bref exposé écrit d’un sujet de film, constituant l’ébauche d’un scénario.

 

Définition et origine du mot synopsis
Définition et origine du mot synopsis

 

Et, au féminin, c’est un :

Bref aperçu de l’ensemble d’une science, d’un objet d’enseignement.

Pour s’y retrouver, le mieux, tant pis pour le Larousse, est sans doute de faire un peu d’étymologie. De ce point de vue, le mot synopsis vient du grec synopticos qui signifie vue d’ensemble. Ne cherchons pas plus loin et inutile de remonter jusqu’aux Évangiles synoptiques, signifiant que les textes bibliques sont mis en parallèle.

Ce qui compte c’est la « vue d’ensemble ». Mais, quelle vue d’ensemble s’agissant d’un roman, d’un livre ou d’un manuscrit ?

Ce qu’un synopsis de roman n’est pas

  • Ce n’est pas un scénario de film. Certes, on utilise la forme du mot au masculin, mais les choses sont claires. Un synopsis de roman n’est pas un scénario. Et, lorsqu’on parle de scénario pour un roman, c’est plutôt de plan dont il s’agit. Or, un plan ça se construit avant l’écriture d’un manuscrit et pas après.

 

  • Pas plus qu’un chemin de fer. L’expression est courante dans l’édition. Surtout, dans la presse magazine. Elle correspond au travail de mise en place des articles selon la ligne éditoriale d’un magazine ou d’un journal. En effet, il en reprend chacune des pages et permet de les visualiser d’un seul coup.

Pour cette raison, il se rapproche d’un synopsis. Mais, il s’en écarte radicalement par la forme. C’est d’abord un travail de préparation, comme le scénario, et son mode vignettes est bien éloigné des usages d’un comité de lecture.

Par ailleurs, il ne s’utilise, en général, que pour un nombre réduit de pages. Quoiqu’on s’en serve aussi, bien volontiers, pour la conception de gros catalogues.

 

  • Surtout, un synopsis de roman n’a rien à voir avec le fait d’écrire le résumé de son livre. C’est ce résumé qu’on trouve en 4ème de couverture. Ce dernier est destiné avant tout à ses lecteurs potentiels.

Sa vocation n’est pas de rendre compte de son contenu, mais de donner envie de le lire. Or, même si ce résumé est réussi de ce point de vue, ce n’est pas pour autant qu’il le soit de celui d’un éditeur. Comme on le précise ci-après.

 

Y-a-t-il un synopsis spécifique par genre ?

Un synopsis est un synopsis. Quel que soit le genre, littérature, conte, etc., auquel on l’applique. C’est avant tout une technique et une méthode.

 

Comment faire le synopsis d’un livre ?

Analyser la politique éditoriale des éditeurs visés

Cette étape est fondamentale. Avant de commencer à écrire le synopsis de son manuscrit, mieux vaut savoir à qui on va l’adresser. Pourquoi ?

Parce que suivant la politique éditoriale de la maison d’édition choisie, tel aspect du roman lui fera « tilt », alors que tel autre la laissera totalement indifférente. Autrement dit, il n’y a pas de synopsis écrit une fois pour toutes et valable pour tous les éditeurs. Un synopsis doit être adapté à chaque éditeur visé.

 

Analyser la politique éditoriale des éditeurs visés
Analyser la politique éditoriale des éditeurs visés

 

Beaucoup de maisons d’édition indiquent précisément en quoi consiste leur politique éditoriale. Elles indiquent ainsi ce qu’elles recherchent et ce qui les différencient de leurs concurrents. Pour un auteur, il y a deux façons de le savoir.

Soit en faisant recherche documentaire active, soit en faisant une analyse des ouvrages déjà répertoriés dans les collections figurant dans leur catalogue.

 

Choisir le type de synopsis adapté à son manuscrit

Une fois fait le travail d’analyse, il faut passer à la rédaction proprement dite du synopsis. Il y a deux grands types de synopsis. Le synopsis en une ou deux pages et le synopsis en une dizaine de pages.

En général, le service manuscrit de l’éditeur indique le type qui a sa préférence. Toujours est-il qu’un synopsis en une ou deux pages ne s’écrit pas comme un synopsis d’un dizaine de pages. 

 

Choisir le type de synopsis adapté à son manuscrit
Choisir le type de synopsis adapté à son manuscrit

 

Le synopsis en une ou deux pages implique un gros effort de synthèse de la part de l’auteur. Il lui faut, en 250 à 500 mots, décrire la trame de son roman, c’est-à-dire ses principales péripéties, et en valoriser les éléments : personnages, univers, morale de l’histoire, qui vont dans le sens de la politique éditoriale de l’éditeur choisi. Suivant cette politique, il convient alors de développer plus certains éléments que d’autres.

 

Le synopsis en une dizaine de pages, entre 2500 et 3000 mots, se construit différemment. Il faut ici partir des chapitres qui composent le roman. Chaque chapitre doit faire l’objet d’une synthèse qui lui est propre.

Puis, toutes ces synthèses doivent être mises bout à bout. Enfin le document doit être « lissé » de telle façon que les synthèses de chapitre s’insèrent de façon harmonieuse et logique dans un nouveau texte qui ne permet plus vraiment de les distinguer.

 

Respecter les éléments constants propres à tous les synopsis de manuscrit

Quel que soit le type de synopsis retenu, il y a des éléments constants à respecter, tels que :

  • Des phrases courtes, au temps présent. Il ne s’agit pas de réécrire le roman sous une forme abrégée. Le style d’un synopsis est donc à base de phrases courtes et au temps présent.

 

  • Un vocabulaire simple et direct. Nul besoin de se lancer dans des descriptions de situations, de personnages ou de lieux compliquées. Ou encore d’en reprendre des dialogues. Utiles dans un roman pour entretenir un suspens ou une tension dramatique, elles gênent la lecture quand l’objectif est de comprendre rapidement la construction du roman.

 

  • Une syntaxe parfaite. Le synopsis agit comme une illustration de la maîtrise grammaticale et orthographique de l’auteur. Il est certain qu’un synopsis imparfait sur ce plan augure mal de la qualité du roman tout entier sur ce même plan. Aucun éditeur ne peut s’engager à éditer un texte bourré d’erreurs grammaticales et mal orthographié.

 

En conclusion : suivre ou pas les consignes des éditeurs ?

Les services manuscrits de beaucoup d’éditeurs précisent souvent leurs attentes en matière de synopsis. Ils les expriment, principalement, en nombre de pages. Quand ces consignes existent, il faut, bien sûr, les suivre. Sans se poser de questions. Mais « quid » quand elles sont muettes sur ce point ? Pour certains animateurs de blogs spécialisés :

Dans ce cas, n’en envoyez « pas plus que le client en demande », comme on dit.

A ce compte-là, inutile de chercher à se différencier. Non, une absence de consignes ne signifie pas une absence d’initiatives. A plus forte raison.

Dans ce cas précis, d’autant qu’on ne se situe pas, là, sur un plan moral, c’est plutôt :

Ce qui n’est pas interdit est permis.

Le secteur de l’édition a beaucoup changé au cours des dernières années. Le contrat d’édition n’est plus la seule possibilité crédible pour éditer un manuscrit. L’autoédition est une alternative tout aussi crédible, comme le montrent les success stories, de plus en plus nombreuses, d’écrivains autoédités.

La principale différence est dans l’effort de promotion reposant sur les épaules des auteurs.

Le contrat d’édition ne demande pratiquement rien dans ce domaine, mais il est fondamental pour l’auteur autoédité qui veut faire décoller les ventes de son livre. On appelle ça faire du marketing. Quoique, comme le fait un auteur comme Marie Vareille avec son site web, on peut faire ce travail tout en étant, simultanément, édité et auto-édité.

Cependant, compte tenu de l’importance du flot permanent de manuscrits qui arrive, chaque jour, chez les éditeurs classiques, aucun auteur ne peut plus se passer de faire cet effort, s’il veut être un jour publié. Le synopsis est le « minimum minimorum » pour qui veut l’être par un éditeur classique.

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