La crise sanitaire n’a pas empêché les nombreux prix littéraires de la rentrée d’être attribués. Les libraires ont pu ainsi souffler un peu. D’autant que, comme la chaîne de librairies Le Furet du Nord, beaucoup se sont organisés pour faire du click and collect pendant le 2ème confinement. On peut donc faire une liste de ce qu’on peut appeler les succès littéraires 2020.

Avec le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage, le nom de l’éditeur et accompagner le tout d’un petit résumé. Et pour faire plus riche, on peut aussi ajouter au lauréat du prix, les noms de tous les auteurs qui ont fait partie de la sélection. Voire même, comme le fait le journal Le Monde, indiquer ce que chaque prix rapporte.

Mais, à vrai dire, une telle liste existe déjà. Il suffit de faire appel à Mr Google et de taper, par exemple, « liste prix littéraires rentrée 2020 » pour avoir tout ce que vous voulez. En êtes-vous vraiment certain ? Mhmm, n’est-ce pas !

 

Quels succès littéraires 2020 lire ?

Alors, pour sortir de l’impasse, voyons plutôt ce qu’a aimé lire ces derniers mois une dame d’un certain âge. Cette dame, bien comme il faut, à l’esprit vif et curieux, grande lectrice devant l’Eternel, lit avant tout pour se distraire.

Sans s’occuper de savoir si ce qu’elle lit a été sélectionné par un prix littéraire ou pas. Dans ses lectures, il y a bien sûr, des livres anciens, mais aussi beaucoup de nouveaux. Surtout publiés en France métropolitaine, il faut bien le dire. Mais, de son point de vue, peu importe l’éditeur, Fayard, Grasset, Actes sud ou Seuil, pour ne citer que ces grandes maisons.

 

Lire Magazine
Lire Magazine

 

Elle les repère avec les magazines spécialisés auxquels elle est abonnée. Ou en regardant des films ou des séries télévisées. Leurs points communs, c’est d’être, souvent, des sagas familiales, se déroulant dans des univers historiques bien typés.

Sur une ou plusieurs générations. Bref, des histoires vraies dans lesquelles évoluent des personnages qui rappellent, d’une manière ou d’une autre, ce qu’elle vit, ce qu’elle a vécu ou ce qu’elle aurait aimé vivre. 

Mais, en dehors des sagas, elle s’intéresse aussi aux beaux livres et à des ouvrages plus intimistes. Commode de faire attention à tout cela si vous devez lui offrir un nouveau livre. Ou à quelqu’un qui lui ressemble. C’est quand même mieux que de se rabattre par facilité sur un roman, certes primé, mais dont l’histoire à y regarder de près peut dérouter et l’amener direct sur l’étagère des livres à oublier ou à déposer dans une boîte à livres d’un parc public.

 

La liste de succès littéraires 2020 de la vieille dame 

 

La liste établie par la vieille dame, c’est une manière de réponse à Michel Houellebecq quand il dit : 

Aujourd’hui, il est interdit à un vieux d’être vieux. 

 

Michel Houellebecq
Michel Houellebecq

 

Et, si au contraire de ce que donne à penser Michel Houellebecq, les vieux avaient encore beaucoup de choses à transmettre. Précisément parce qu’ils sont vieux et qu’ils ont du vécu. Par leur choix de lecture, notamment. 

 

Miroirs de nos peines, de Pierre Lemaitre

En premier sur la liste de la vieille dame. Elle l’a dévoré. comme les deux autres tomes de la trilogie. Il lui a fallu tout de même un mois et demi pour en venir à bout. 

En effet, c’est avec ce troisième tome que s’achève la trilogie commencée en 2013 par Pierre Lemaitre. Rappelons que le premier tome, intitulé « Au revoir là-haut« , publié par Albin Michel en 2013 a valu à son auteur une multitude de prix, dont le prestigieux prix Goncourt. L’année même de sa parution. C’est dire l’intérêt suscité par le roman.

Intérêt qui ne s’est pas démenti depuis, avec la publication du tome 2 en 2018, « Les enfant du désastre » et le tome 3, en 2020. 

 

Miroirs de nos peines
Miroirs de nos peines

 

Le récit suit les vies croisées de deux anciens poilus, Albert et Edouard, de la Grande guerre de 1918 à la veille de la Seconde. Au travers des destins individuels, la trilogie brosse avec beaucoup de réalisme le portrait d’un période charnière de l’histoire de France. En 1914, la France de la Belle Epoque est sans doute à la toute première place des puissances mondiales.

A l’armistice, en 1918, elle amorce un déclin qui ne fait que s’accélérer jusqu’à la Drôle de guerre qui clôt la trilogie. A la lumière du passé, tel que l’exhume Pierre Lemaitre, comment la suite peut-elle s’envisager ? On en connait des chapitres, certes, mais après ?

 

Les Aérostats, d’Amélie Nothomb

La vieille dame a beaucoup aimé. Un peu moins tout de même que celui de l’année précédente, intitulé « Soif« . Elle l’a quand même lu en une heure ! Il faut dire qu’elle est habituée à la livraison annuelle de l’auteur à succès et que ses ouvrages dépassent rarement 150 pages.

Raison pour laquelle, ce sont d’ailleurs plutôt des nouvelles que des romans. Par ailleurs, ce dernier livre d’Amélie Nothomb est une suite ininterrompue de dialogues extrêmement bien ciselés. Etincelants, même ! Mode d’écriture dans lequel elle excelle. 

 

Les Aérostats, d'Amélie Nothomb
Les Aérostats, d’Amélie Nothomb

 

Publié par Albin Michel, l’ouvrage fait 180 pages. Il raconte l’histoire d’Ange, jeune étudiante bruxelloise de 19 ans ; qui ressemble beaucoup à l’auteur au même âge ; laquelle doit donner des cours de littérature à Pie, un jeune lycéen de 16 ans, dyslexique et réfractaire à toute forme de lecture. 

Elle pose les règles. Le jeune Pie doit lire, entre chaque rendez-vous, le livre que lui donne Ange et en faire le commentaire. Oral, bien sûr ! Elle commence par Stendhal et son roman, le Rouge et le Noir. Pie déteste. Il n’aime pas les manigances de Julien Sorel. Elle lui donne ensuite l’Illiade d’Homère. Il est emballé !

En fait, Pie découvre la littérature. La grande. Non pas d’une manière poussiéreuse, mais en faisant les inévitables rapprochements avec ce qu’il connait et ce qu’il veut connaître. Et là il est servi. Nul besoin pour comprendre la vie et mieux se comprendre de devoir se contenter d’ouvrages médiocres et expurgés.

 

Héritage, de Miguel Bonnefoy

La vieille dame adore les sagas familiales. On en retrouve beaucoup sur sa liste. Le fait est qu’elle aime pouvoir se projeter dans des univers qu’elle veut pouvoir confronter à ce qu’elle-même a vécu au sein d’une grande famille de bourgeois et de paysans. 

Le roman de Miguel Bonnefoy a été publié par les éditions Payot et Rivages. Il n’est pas très long, car il fait à peine 300 pages. Il raconte l’histoire des Lonsonier, originaires du Jura et immigrés au Chili à la fin du 19ème siècle. Secrets de famille, grande Histoire, s’entremêlent des deux côtés de l’Atlantique pour donner corps à une belle fresque familiale se déroulant sur 4 générations.

 

Héritage, de Miguel Bonnefoy
Héritage, de Miguel Bonnefoy

 

Ce qui plait à la vieille dame, c’est que, comme l’écrit une autre lectrice :

Chaque génération est confrontée à un dilemme, un questionnement, chaque personnage a un choix à faire qui va finir par déterminer son descendant dans une sorte de mécanique atavique implacable.

L’auteur n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà publié deux romans qui ont eu beaucoup de succès. Le voyage d’Octavio, en 2016, et Sucre noir, en 2019. Les deux aux éditions Rivages poche.

 

Les chroniques de Virgin River, de Robyn Carr

Inattendue chez une vieille dame que la lecture de ces chroniques. Le fait est qu’elle y a pris goût en regardant les deux saisons de la série que lui a consacré Netflix. On peut avoir un certain âge et être adepte d’une autre façon de se servir d’une télévision. En tout cas, la saison 2 a confirmé son attirance.

Et sa fin dramatique l’a poussé à faire provision des six premiers tomes des 19 tomes de la série, les seuls traduits en français, jusqu’à présent, pour tout savoir des destins de Mel, Jack, Doc et Hope. Entre autres. Car les chroniques racontent le quotidien des habitants d’une petite ville moyenne des Etats-Unis située dans un cadre enchanteur.

 

AFFICHE NETFLIX VIRGIN RIVER
Virgin River. Netflix

 

On y suit les péripéties sentimentales, policières, adolescentes, et tutti quanti, des uns et des autres. Guère différentes de celles de n’importe quelle autre ville moyenne. De là et d’ailleurs.

Les tomes 5 et 6, publiés par les éditions J’ai Lu, viennent de débarquer sur les rayons des libraires. Gare aux nuits blanches ! ça tombe bien. La vieille dame est un peu insomniaque.

 

La chambre des dupes, de Camille Pascal

Sagas familiales, mais aussi romans historiques, tels sont les ingrédients de la liste des succès littéraires 2020 qui ont les faveurs de la vieille dame. Et là, il faut bien dire qu’elle a beaucoup apprécié le roman de Camille Pascal. Il faut dire qu’elle ne manque pour rien au monde les épisodes ; désormais interrompus ; de l’émission « Sous les jupons de l’histoire« , réalisée par Christine Bravo

Rien d’étonnant à ce qu’elle se soit rabattue sur la Chambre des dupes qui se passe à la cour du roi Louis XV et en montre tous les dessous. Le livre de 512 pages a été publié par Plon et a fait partie de la sélection pour le Goncourt 2020. L’auteur est un haut fonctionnaire français qui connait bien les arcanes du pouvoir. La vieille dame n’a pas été déçue, même si les dessous de la cour de Louis XV l’ont quelque fois lassée. 

 

Les Graciées, de Kiran Millwood Hargrave

Le livre, publié par Robert Laffont, a été nominé pour le prix Femina étranger. Il s’agit là aussi d’un roman historique. Il se déroule non pas au 18ème siècle, mais au 17ème, non pas dans l’univers doré du château de Versailles, mais dans celui, âpre, d’un village de pêcheurs en Norvège.

 

Les Graciées, de Kiran Millwood Hargrave
Les Graciées, de Kiran Millwood Hargrave

 

L’auteur y fait le récit des habitants du village de Vardo dont tous les hommes, pêcheurs, ont été décimés par une violente tempête. Ne reste plus que leurs femmes qui doivent prendre leur destin en mains pour survivre sous des latitudes glaciaires.

Sur ce, en provenance directe d’Ecosse, débarque Absalon Cornet et sa jeune épouse norvégienne, Ursa. Absalon, intégriste en son genre, a du mal à se faire au mode de vie qui s’est imposé dans le village. Clash garanti ! La vieille dame a bien aimé. Cela lui a rappelé les duretés d’une époque révolue.

 

Un enlèvement, de François Bégaudeau

Le livre, très court, même une quasi une nouvelle ; il fait 125 pages ;  a été publié par Gallimard. Il raconte les vacances de la famille Durant à Royan. La vieille dame l’a choisi parce qu’elle aime bien François Bégaudeau dont elle a déjà lu plusieurs livres et parce qu’elle a eu l’occasion d’échanger, à de nombreuses reprises, avec la maman, lors d’un voyage culturel.

Dernière raison qui en vaut, après tout, bien d’autres. Elle en est donc un peu une inconditionnelle. Et pourquoi pas. 

 

Un enlèvement, de François Bégaudeau
Un enlèvement, de François Bégaudeau

 

Dans ce dernier ouvrage, salué diversement par la critique, François Bégaudeau montre les ravages que peut causer sur une famille le culte, si contemporain, voué à la Performance. Que se passe-t-il quand l’un des membres de la dite famille ne veut pas, ou plus, jouer le jeu. On retrouve là un peu de la problématique d’Amélie Nothomb, développée dans Les Aérostats.

Cette fois sous forme de fable contemporaine.

Donc, le petit dernier de la famille Legendre, Louis, 6 ans, ne veut pas apprendre, ne veut pas lire ; un comble ; fait de la résistance passive et finit par creuser un trou dans la plage pour s’évader. Bref, il refuse de faire partie de la secte ; qui ne dit pas son nom ; des Performants. Comme l’écrit une lectrice et la vieille dame ne la démentira sûrement pas : 

C’est extrêmement drôle, caustique et les situations puisées dans le quotidien, revues et corrigées avec le charabia branché du père, sont réjouissantes. 

 

Les feux de Noël, de Marie-Bernadette Dupuy

Récemment publié par Calmann-Lévy, le gros roman, 528 pages, de Marie-Bernadette Dupuy raconte l’histoire de Lisel Schmitt, première main dans un atelier de confection pour dames à Colmar en 1924.

 

Les feux de Noël, de Marie-Bernadette Dupuy
Les feux de Noël, de Marie-Bernadette Dupuy

 

La vieille dame a toujours rêvé d’entrer comme couturière dans un atelier de haute couture. A ses heures perdues, elle réalise encore de magnifiques broderies. Les feux de Noël ne pouvaient donc qu’attirer son attention. Mieux que le dernier livre paru sur Diana Spencer, icône du style, selon son auteur, Dan Jones.

Pari gagné. La vieille dame s’est plongée dans sa lecture avec délice et n’a pas lâché le livre avant de l’avoir terminé. Le fait est que la vie de Lisel Schmitt prend un tour bien aventureux après l’incendie de l’atelier de confection où elle travaille. 

 

Fleurs, explorer le monde floral 

Le beau livre réalisé par les éditions Phaidon n’est pas, bien sûr, un roman. Mais, c’est quand même un des livres préférés de la vieille dame. En effet, on y trouve un vaste panorama de fleurs et de paysages floraux réalisés par des peintres du monde entier et de toutes les époques.

 

éditions Phaidon
Fleurs, explorer le monde floral. Éditions Phaidon

 

Son choix est bien compréhensible. Comme elle aime à le dire, son jardin est sa poésie vivante et elle y passe des heures à le façonner quand le temps le permet. Les fleurs ont aussi leur langage et nul doute que pour la vieille dame, il lui est aussi familier que celui des plus grands littérateurs. C’est à en rendre compte que les éditions Phaidon se sont attelées. Et elles y sont bien parvenues. De fait, la promesse faite dans l’avant-propos a bien été tenue :

Ce fabuleux ouvrage conduit le lecteur dans un voyage à travers les continents et les cultures pour découvrir les innombrables façons dont les artistes de tous horizons ont interprété les fleurs à travers les époques. 

Après avoir voyagé dans le monde floral des éditions Phaidon, le monde dans son entier parait soudain plus beau et les univers romanesques, souvent si sombres, finalement remis à leur place et bien lointains. Ce n’est déjà pas si mal. 

 

Autres succès littéraires 2020 de la liste de la vieille dame

Ce sont ceux qu’elle n’a pas encore lu, mais qu’elle a repéré grâce aux magazines auxquels elle est abonnée. Pas sûr qu’elle les lise tous. Cependant, parmi ceux-là, on peut noter, car la prose y est belle :

Première partie des autres succès littéraires 2020 :

  • Petits cendres ou la capture, de Marie-Claire Blais, Borcal éditeur. Un portrait sans concession de l’Amérique d’aujourd’hui. Mais dans un style très poétique.

 

  • Nos traversées, de Benoit Robergé, aux éditions de l’homme. Un livre charmant de 156 pages sur un amour paisible entre Paris et Montréal agrémenté de quelques découvertes gourmandes au gré de balades amoureuses.

 

  • Ma grande, de Claire Castillon, aux éditions Gallimard. Là, c’est une histoire d’amour qui tourne mal.

 

  • 2030, de Philippe Djian, aux éditions Flammarion. Philippe Djian s’était fait connaître en son temps avec son fameux 37°2 le matin. Il livre ici ses préoccupations sur la dégradation du monde et les combats menés autour des pollutions dues aux pesticides.

 

  • Betty, de Tiffany MacDaniel aux éditions Gallmeister. Le roman, récompensé par le prix Fnac 2020, raconte l’histoire de Betty, métisse indienne, son père est cherokee et sa mère, blanche. Elle se passe dans l’Amérique des années 50-60. Et, comme on peut l’imaginer, n’est pas facile. Le livre devrait plaire à la vieille dame. Même chose avec le suivant.

 

  • Histoire du fils, de Marie-Hélène Lafon, aux éditions Buchet-Chastel, prix Renaudot 2020. La maison d’édition le présente comme un puzzle familial sur un siècle. L’auteur y peint une belle fresque, qui entremêle plusieurs générations, avec le Cantal comme décor.

 

Deuxième partie des autres succès littéraires 2020 :

  • Kukum, de Michel Jean, aux éditions Dépaysage, pour les nostalgiques de la vie au Québec d’avant les colons et prix 2020 de la littérature France-Québec.

 

  • Le bal des ombres, de l’écrivain originaire d’Irlande Joseph O’Connor., aux éditions Rivages. On y vit à l’heure de la Londres victorienne, en 1878, et les personnages de fiction y croisent des personnages bien réels, comme Jack l’éventreur ou Oscar Wilde. La vieille dame a coché la page du magazine.

 

  • La fièvre, de Sébastien Spitzer, aux éditions Albin Michel. L’auteur s’inspire de l’épidémie bien réelle qui a frappé durement la ville de Memphis, en 1878, pour décrire les changements que provoque l’épidémie sur les comportements individuels et collectifs. Cela rappelle quelque chose.

 

  • Journal d’un effondrement, de Charif Madalani, aux éditions Actes Sud. L’auteur y raconte au jour le jour la descente aux enfers des habitants de Beyrouth.

 

  • Louisiane, de Fabienne Kanor, aux éditions Rivages, prix Fémina. L’histoire se passe à La Nouvelle Orléans après le passage de l’ouragan Katrina. Un français d’origine camerounaise y est à la recherche d’un oncle disparu. L’occasion pour l’auteur de faire le portrait d’une société bien particulière. Sur le même sujet, la vieille dame avait bien aimé, en son temps, les 6 tomes de la série romanesque Louisiane, écrite par Maurice Denuzière

 

Comment choisir parmi les succès littéraires 2020

Michel Houellebecq a dit un jour que les prix littéraires ne servaient qu’à une chose : savoir quel livre mettre au pied d’un sapin de Noël quand on ne sait pas lequel choisir. 

 

FRERES GONCOURT
Frères Goncourt

 

La liste de succès littéraires 2020 de la vieille dame montre qu’on peut parfaitement trouver chaussure à son pied sans avoir besoin de se référer à un prix littéraire. Prenons, par exemple, le plus prestigieux d’entre eux, celui attribué par l’Académie Goncourt, fondé par Edmond Huot de Goncourt et son frère Jules, en 1900, et qui détestaient, l’un et l’autre, la philanthropie et la bien-pensance.

Le dernier a été décerné au roman de Hervé Le Tellier, l’Anomalie. Tous les journalistes en parlent et avant même d’être célébré, le livre était déjà en tête des ventes.

Comme l’auteur est également président en titre de l’Oulipo, et mathématicien, l’Anomalie n’est pas franchement un roman pour vieille dame, surtout si elle n’est pas férue de technologie et de bizarreries informatiques.

 

Hervé Le Tellier, pour Thomas Samson
Hervé Le Tellier, pour Thomas Samson

 

J’ai travaillé sur les personnages et les genres en associant un style à chaque personnalité, en ce sens c’est un travail oulipien, un travail de genre. 

Nous dit l’auteur avec franchise. D’où l’intérêt d’écouter un peu Michel Houellebecq et d’oublier quelque fois les prix. Du moins si on est un lecteur de succès littéraires 2020 du genre de ceux de la vieille dame. Mais pas si on veut parfaire son style d’écrivain et se lancer dans l’écriture d’un best-seller.

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