Savoir comment déterminer le prix d’un livre papier est toujours quelque chose d’important pour un auteur. Quelles que soient les modalités de la publication de son ouvrage : compte d’éditeur, compte d’auteur ou autoédition.

En effet, le prix d’un livre papier recouvre toujours les mêmes opérations et il est de l’intérêt de l’auteur de savoir comment elles impactent sa rémunération. Le fait est que, suivant les modalités retenues pour la publication, la répartition des charges liées à ces opérations change.

Et, selon ces modalités, les droits d’auteur peuvent être plus ou moins élevés. De même, la participation de l’auteur aux frais d’édition, dans leur ensemble, peut être égale à zéro ou financièrement lourde à assumer.

Par ailleurs, une réglementation détaillée homogénéise le prix d’un livre papier payé par le public. Bien informé sur cette question, un auteur a ainsi une meilleure visibilité sur ce que son ouvrage peut lui rapporter ou … lui coûter.

 

Opérations servant à déterminer le prix d’un livre papier

De la remise d’un manuscrit à un éditeur, à son achat sous forme de livre par un lecteur, il y a un grand nombre d’opérations à exécuter. Et cela prend du temps. En général, on distingue quatre grands postes de coûts, nous avons les:

  1. Droits d’auteur.
  2. Coûts de fabrication.
  3. Coûts de diffusion et de distribution.
  4. Frais généraux de l’éditeur.

 

Ces coûts auxquels s’ajoutent la TVA et la marge commerciale de l’éditeur déterminent le prix de vente du livre, tel qu’il apparaît en 4ème de couverture.

 

Cas n°1 : détermination du prix d’un livre pour une maison d’édition traditionnelle

 

Répartition des coûts pour calculer le prix de ventes d'un livre papier
Répartition des coûts pour calculer le prix de vente d’un livre papier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour une publication à compte d’éditeur, les coûts qui déterminent le prix du livre se répartissent, en général, de la manière suivante :

  • Les droits d’auteur qui correspondent à environ 8 % du prix HT du livre. Le pourcentage augmente en fonction des ventes. Il peut dépasser 10, 12 %, voire plus, selon la notoriété de l’auteur.

 

  • Les coûts de fabrication, autrement dit, les coûts liés à la composition du texte, à l’achat de papier, à l’impression de la couverture, au façonnage du livre qui sont, en général, équivalents à 10 à 15 % du prix HT. Ce pourcentage varie selon l’importance du tirage et le type de livre.

 

  • Les coûts de diffusion et de distribution qui comptent pour près de 55 à 60 % du prix du livre. Cela illustre l’avantage d’une publication à compte d’éditeur par rapport à toute autre forme d’édition. Cependant, cet avantage, réel pour les plus grosses maisons d’édition, l’est beaucoup moins quand l’éditeur publie moins de 10 titres par an.

 

  • Les frais généraux et la marge commerciale de l’éditeur qui correspondent au solde du prix HT du prix du livre, soit environ 20 %. La part revenant aux frais généraux finance, notamment, les frais de correction-relecture, les frais de promotion du livre, soit, entre autres, le financement des tournées des auteurs et des salons professionnels, et les frais de structure. Les frais généraux recouvrent aussi le fonds de roulement. Celui-ci mesure le risque de l’éditeur.

 

Le risque de l’éditeur traditionnel

Il faut du temps avant que l’éditeur commence à percevoir le produit de ses ventes.  En effet, entre le moment où il entreprend d’éditer un livre et celui où il en encaisse le produit, il peut s’écouler entre une et deux années.

Il lui faut donc une trésorerie conséquente. Or celle-ci peut rapidement s’avérer insuffisante, si les ventes ne sont pas au rendez-vous.

C’est pourquoi les grandes maisons ont pour habitude d’équilibrer, avec leurs bestsellers, leurs déconvenues éditoriales. Ce qui est évidemment beaucoup plus difficile pour les petites maisons.

 

 

Cas n°2 : détermination du prix d’un livre dans le cadre d’une publication à compte d’auteur

Ce type de publication est souvent décrié. Le monde anglo-saxon utilise les expressions « vanity press » ou « vanity publisher » pour le qualifier.

Ce n’est pas très flatteur, mais c’est aller un peu vite en besogne. C’est oublier que de grands auteurs, aujourd’hui, classiques, ont commencé leur carrière d’auteur en se faisant publier à compte d’auteur.

A titre d’exemple, c’est notamment le cas de Marcel Proust et de son livre « Du côté de chez Swann« , publié d’abord à compte d’auteur, par les éditions Grasset.

Ce qui change, par rapport à l’édition à compte d’éditeur, c’est que l’auteur prend, en général, à sa charge la totalité des opérations de publication et par conséquent, le risque éditeur. Il lui revient alors de rechercher les prestataires qui lui sont nécessaires pour mener à bien son projet éditorial.

A lui de demander les devis correspondant aux travaux de correction-relecture, d’impression, de diffusion, de distribution et de promotion, puis de choisir la combinaison entrant le mieux dans son enveloppe budgétaire. La démarche est clairement entrepreneuriale.

 

Une répartition du prix du livre très variable

Cependant, le poids des différents postes budgétaires va largement varier d’un auteur à l’autre, suivant la nature de l’ouvrage à publier et le niveau de ses ambitions. Si un auteur publiant à compte d’auteur a des frais généraux quasi inexistants, ses autres frais vont être, en général, beaucoup plus élevés, par exemplaire, que pour un éditeur classique.

C’est la raison pour laquelle, il peut être tenté par des formules mixtes. Dans ces formules, extrêmement diverses, l’auteur partage ses frais et les recettes attendues, avec un éditeur spécialisé.

Par exemple, s’il ne s’occupe pas des opérations de diffusion et de distribution, les plus difficiles à mener seul, de manière efficace, il va devoir s’engager, en contrepartie, à acheter auprès de son éditeur, par avance, un certain nombre d’exemplaires.

Si dans ce cas de figure, l’auteur a une grande latitude pour fixer le prix des exemplaires de son livre, il lui faut néanmoins rester réaliste. Un prix trop élevé sera dissuasif pour les lecteurs potentiels et un prix trop faible ne lui permettra pas de rentrer dans ses frais.

 

Des prix très variables selon la taille et la qualité du lectorat potentiel

En matière de prix, on ne le répétera jamais assez, le dernier mot appartient au lecteur. Un prix peut être élevé, voire même très élevé, si le livre s’adresse un public de connaisseurs.

 

cible et prix de vente livre
Chacun sa cible, chacun son prix de vente

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi des livres répertoriant, de manière exhaustive et sérieuse, des objets de collection ou traitant de sujets très spécialisés, comme, par exemple, du domaine de l’ésotérisme. Mais le prix du livre ne peut dépasser certains niveaux, souvent 15 € ou 14,99 €, même si sa qualité d’écriture est impeccable, si sa thématique est banale ; il en ainsi de la plupart des romans ; et si l’auteur n’a aucune notoriété. Et cela indépendamment du temps mis pour le rédiger.

 

Cas n°3 : déterminer le prix de vente d’un livre auto-édité

On confond souvent ce mode de publication avec la publication à compte d’auteur. Bien sûr, elle lui ressemble parce que l’auteur publie son livre sans passer par un éditeur classique. Mais, elle en diffère considérablement dans la mesure où elle peut :

  • Ne nécessiter aucune mise de fonds initiale.
  • N’imprimer qu’à la demande.
  • Et bénéficier de la visibilité offerte par la plateforme d’autoédition.

Avant d’envoyer le fichier de son manuscrit à la plateforme d’autoédition, l’auteur peut, par précaution, le faire relire et corriger par des professionnels. De même, il peut également faire appel à des professionnels pour travailler sa mise en page et sa couverture.

 

A titre d’exemple, combien coûte la mise en page d’un livre ?

Une mise en page professionnelle implique l’intervention d’un graphiste. Sachez alors que le coût moyen d’un graphiste est de 250 € par jour. Le tarif varie, en plus ou en moins, suivant la difficulté et l’originalité du travail demandé.

Cependant, dans tous ces domaines, une plateforme comme CoolLibri propose gratuitement ses conseils. Avec un tel accompagnement et ses compétences personnelles, l’auteur auto édité peut éviter cette dépense. D’autant qu’elle peut facilement, tout compris, représenter plus de 500 € pour un livre roman de 250 pages.

Il lui reste, en outre, à organiser la distribution de son livre. Certaines plateformes assurent directement l’acheminement du livre acheté par l’internaute. Elles prennent alors une commission sur le prix de vente HT qui peut aller de 30 % à 65 %.

D’autres, comme CoolLibri, mettent simplement en relation, gratuitement, l’auteur avec les lecteurs intéressés par son livre. Raison pour laquelle, les titres qu’elles référencent figurent dans une bibliothèque virtuelle et non dans une librairie virtuelle.

Enfin, compte tenu de la spécificité de l’autoédition, il est recommandé de ne pas dépasser des niveaux de prix qui peuvent être jugés dissuasifs par les lecteurs internautes. Des prix trop élevés, par rapport à des livres du même genre édités par des éditeurs classiques, ne sont pas compétitifs. A l’inverse, des prix trop bas, par rapport à ces mêmes éditeurs, peuvent être interprétés par les lecteurs potentiels comme correspondant à des livres sans grande qualité.

De plus, certaines plateformes conseillent fortement, voire même imposent, des prix en deçà de seuils jugés psychologiques. Ainsi, mieux vaut vendre un livre 9,99 € plutôt que 10 €. Cela dit, le prix d’un ouvrage auto édité peut être fixé très librement, s’il s’agit de le vendre à un public limité et bien connu d’avance.

 

TVA et prix unique du livre

Le choix d’un prix de vente pour un auteur est un acte essentiel. Il demande beaucoup de réflexion.

Celle-ci doit intégrer les données comptables et le contexte marketing. Sauf rares exceptions, il n’est pas concevable de vendre à perte. D’ailleurs, la vente à perte est interdite par la loi.

Il convient, néanmoins, de tenir compte de la réalité du marché et, la plupart du temps, de l’absence de notoriété de l’auteur. Les deux principales variables d’ajustement, sont donc les droits d’auteur et la marge commerciale, à qualité d’impression et de distribution égale.

A ce prix, il convient de même d’ajouter le montant de TVA que devra payer le lecteur, en sus de tous les coûts précédemment examinés. Le taux retenu par l’État est le taux réduit de 5,5 %, correspondant, en principe, aux produits de première nécessité. Ce taux est ramené à 2,1 % en Corse, Guadeloupe, Martinique et dans l’île de la Réunion.

Mais comme le dit, avec son humour habituel, Philippe Bouvard :

 

Prix et valeur d'un livre, 2 notions contradictoires
Prix et valeur d’un livre, 2 notions contradictoires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prix : hier, livre offert aux bons élèves au risque de traumatiser les autres ; aujourd’hui, valeur marchande d’un produit pas toujours de première nécessité.

 

Par ailleurs, le prix du livre est unique. Il en est ainsi depuis la loi du 10/8/1981, dite loi « Lang ».

Le prix d’un livre doit donc être le même partout, quel que soit son mode de distribution et son origine. Cependant, il est admis que le distributeur puisse faire un rabais de 5 % maximum sur le prix public éditeur.

 

Un livre doit-il toujours avoir le prix écrit dessus ?

Un livre vendu au grand public doit toujours afficher son prix de vente. Seuls les livres destinés à un public limité, cercle familial ou amical, peuvent ne pas afficher de prix.

Dans tous les autres cas, le prix doit être imprimé en quatrième de couverture ou sur une étiquette, sur cette même couverture, portant également le nom de l’éditeur.

Le prix de vente fait ainsi partie des mentions obligatoires à faire figurer sur un livre au même titre que :

  • Le nom et adresse de l’éditeur.
  • Le nom et l’adresse de l’imprimeur.
  • La date du dépôt légal (mois et année).
  • Une date de fin de tirage.
  • Le numéro ISBN.

En savoir plus sur les mentions légales obligatoires sur les couvertures.

 

Combien vendre son livre ?

Pour déterminer le prix de vente d’un livre, on suit, en général, la méthodologie ci-après :

  1. On commence par fixer le nombre d’exemplaires à imprimer. Ce nombre varie selon le marché supposé du livre à éditer.
  2. Tous les coûts entrant dans la fabrication et la commercialisation du livre sont rapportés à chaque exemplaire. Plus le tirage est élevé, plus le coût par exemplaire diminue.
  3. On ajoute à ce coût par exemplaire, le montant des droits d’auteur, toujours rapporté à l’exemplaire.
  4. A cet ensemble, on ajoute également la TVA, calculée sur le montant hors taxe.

On a alors un premier prix du livre. Un premier prix, car il convient de vérifier son acceptabilité par le marché.

En effet, ce prix ne peut être définitif que s’il est en phase avec le marché. S’il ne l’est pas, il faut revenir sur chacune des composantes du prix pour procéder aux ajustements nécessaires.

Sauf cas très particuliers, comme des ouvrages destinés à un public ciblé, des collectionneurs, par exemple, il vaut mieux que le prix d’un livre papier publié à compte d’auteur ou auto édité soit inférieur à un ouvrage du même genre publié par un éditeur classique.

 

Le prix de chaque livre est un cas particulier

Il n’en reste pas moins que déterminer le prix d’un livre papier n’est pas toujours facile à faire. En effet, beaucoup de variables doivent être prises en considération.

Il y a bien sûr le mode d’édition : édition classique, édition à compte d’auteur ou autoédition. Cependant, le mode d’édition est loin d’être suffisant pour déterminer ce prix.

On l’a vu, s’y ajoute la manière dont sont réalisées les principales opérations conduisant du manuscrit au livre imprimé. Or le coût de chacune de ces opérations n’est pas constant.

Pour un même livre, ce coût peut énormément varier selon la maison d’édition et les capacités de l’auteur, autres que l’écriture, en ce qui concerne les autres modes d’édition.

Si on s’en tient aux maisons d’édition classiques, force est de constater que sur environ 10 000 maisons enregistrées, seules entre 1500 et 2000 sont réellement actives. Et sur celles-ci, seules une vingtaine offre un catalogue de plus de 5000 titres.

 

autoédition plutôt qu'une maison d'édition
L’autoédition plutôt qu’une maison d’édition ou à compte d’auteur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ces conditions, outre la catégorie éditoriale dans laquelle se situe principalement l’éditeur, les paramètres influençant la détermination du prix d’un livre peuvent s’avérer finalement extrêmement variables.

De ce fait, une petite maison d’édition n’éditant pas plus de 10 livres par an destinés à un public très spécialisé, comme, par exemple, les amateurs du mobilier auvergnat du 18eme siècle, ne peut pas avoir les même coûts qu’une maison d’édition, affiliée à un grand groupe de médias, publiant plusieurs dizaines de titres chaque année, dans plusieurs catégories éditoriales. On peut faire les mêmes remarques en ce qui concerne l’édition à compte d’auteur et l’autoédition.

Les données fournies plus haut sont donc avant tout des indications et le prix de chaque livre est, en réalité, un cas particulier.

 

 

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