Vous êtes professeur en cycle 3, collégien, apprenti auteur, et vous avez décidé d’écrire un roman d’aventure. Seulement voilà, par quoi commencer ? Et puis, d’abord, en quoi un roman d’aventure est-il différent d’un autre roman ?

Et une fois qu’on s’y est lancé, à quoi faut-il faire attention ? Autant de questions qu’on se pose, à un moment ou à autre, quand on se trouve dans l’une des situations précédemment évoquées. Essayons d’y voir un peu plus clair.

 

Caractéristiques des romans d’aventure ?

Mais, au fait, doit-on parler de romans d’aventure, au singulier, ou de romans d’aventures, au pluriel ? La plupart du temps, on trouve les deux expressions utilisées en fonction de l’humeur du rédacteur. Risquons cependant une explication. Si on se réfère au genre, ce qui est le cas, ici, mieux vaut sans doute parler de romans d’aventure, avec le mot aventure au singulier.

Mais, si on se réfère aux contenus mêmes des livres, il est alors conseillé de parler de romans d’aventures, avec le mot aventure au pluriel. Ce qui conduit à la définition de ce qu’est un roman d’aventure.

En effet, un roman d’aventure est un roman dans lequel les personnages vivent un grand nombre d’aventures. Autrement dit, de péripéties. Rien à voir, par exemple, avec des romans psychologiques où la seule aventure est une aventure intérieure. Ni même avec la plupart des romans policiers ou des thrillers où l’inspecteur mène l’enquête, sans avoir à quitter la circonscription où il a été affecté. Voire même qui se déroule à huis clos.

Mais, puisqu’on est à la recherche d’une définition du roman d’aventure, on peut retenir celle de la bloggeuse Rebecca. Pour elle, en effet, un roman d’aventures, avec un « s », notez-le, est : 

Un roman qui raconte des aventures, un roman avec beaucoup d’action, des péripéties intenses, du suspens et souvent, un ou des voyages.

Bon, assez de caractéristiques et de définitions. On a bien compris qu’un roman d’aventure n’est pas un roman comme les autres. Alors, entrons dans le vif du sujet. Comment fait-on pour rédiger un récit d’aventure.

 

Ecrire un récit d’aventure ?

Donner corps à l’idée de son roman d’aventure

La première chose à faire est de donner corps à l’idée de son roman d’aventure. Il ne s’agit donc pas de partir à l’aveuglette. Mais de développer une idée et avant cela de transcrire cette idée sur une belle page blanche. 

 

Donner corps à l'idée de son roman d'aventure
Donner corps à l’idée de son roman d’aventure

 

Dans cette transcription, on doit indiquer principalement, les lieux de l’intrigue romanesque, les personnages-clefs et l’enchaînement des péripéties. A noter que cette transcription est bien utile pour soi, mais qu’elle sert aussi de base au synopsis qu’il conviendra d’envoyer à l’éditeur, une fois terminée l’écriture du manuscrit du roman d’aventure.

 

Les lieux où se déroule le roman d’aventure

Il est, en général, conseillé de choisir des lieux lointains et inhospitaliers. Pas besoin de s’y rendre. Quelques photographies et le tour est joué. Mais, ce n’est pas obligatoire. On peut justement faire preuve d’originalité en choisissant des lieux à côté de chez soi.

Il y a peut-être d’énigmatiques souterrains à deux pas de votre immeuble. Parfait, pour se croire dans un autre monde quand on y pénètre.

 

Catacombes de Paris
Catacombes de Paris

 

Les personnages-clefs du récit d’aventure

Ils appartiennent, en gros, à trois catégories.

  • Il y a, bien sûr, le héros que vous avez créé pour votre histoire. Choisissez-le, de préférence, plutôt faiblard, mais futé. C’est qu’un héros, d’emblée héroïque et gaillard, n’attire pas tout de suite la sympathie. Ce n’est là qu’une idée. Raison pour laquelle, vous pouvez jouer sur ce registre, forces et faiblesses, avec l’autre catégorie de personnages constituée des compagnons ou des alliés du héros.

 

  • Avec ce dernier, ils forment une équipe de choc. Si le héros a des faiblesses, elles sont compensées par les forces de ses compagnons. Et vice et versa. Ensemble, ils forment une task force de choc.

 

  • Et, enfin, bien sûr, pas de bonne histoire, sans jaloux et ni envieux qui ne rêvent que d’une chose, c’est d’être calife à la place du calife. Ou, à tout le moins, que l’aventure tourne mal. Non, mais quand même !

 

L’enchaînement des péripéties du roman d’aventure

Pas de roman d’aventure sans de multiples péripéties. Elles se justifient par l’importance et la gravité des enjeux que le héros doit relever. Sa fiancée a été enlevée par des pirates et il doit aller la rechercher au bout du monde. Le fils d’un roi de l’informatique s’aperçoit avec horreur que son père a disparu et que son invention révolutionnaire est tombée entre de mauvaises mains. Il lui faut récupérer et l’un et l’autre, dusse-t-il pour cela, faire plusieurs le tour de la terre.

Là, l’auteur de roman d’aventure ne doit pas craindre de plonger ses personnages dans les situations les plus invraisemblables. C’est ça aussi la magie de ce genre de roman. Et forcément, le héros est de taille à franchir tous les obstacles et à faire face à tous les échecs. Bien sûr, la fin est heureuse. La fiancée est retrouvée, le père aussi. De même que l’invention révolutionnaire. Mais, morale de l’histoire, au passage, les personnages ont évolué. Du moins, en principe. Tout dépend de l’existence, ou non, d’une suite au roman.

 

Faire le plan d’un récit d’aventure

Plus que pour un autre type de roman, il est nécessaire de faire un plan pour rédiger un récit d’aventure. On l’aura compris la multitude de péripéties peut finir par égarer même les lecteurs les plus assidus si elles ne s’enchaînent pas avec une certaine logique. Comme on le sait, on peut faire un plan de plusieurs façons. Par exemple, sous forme d’ écriture de scénario ou de « chemin de fer« . 

C’est aussi, à ce stade, qu’il peut être bien pratique de servir d’un logiciel d’écriture. Il en existe un grand nombre, faciles à trouver sur internet, et on peut les différencier selon qu’ils mettent l’accent sur la créativité des auteurs ou sur la mise en ordre de leur documentation. 

 

Rédiger une scène type d’un roman d’aventure

Bon, vous voilà prêt à vous lancer dans l’écriture de votre premier roman d’aventure. N’oubliez pas que cette écriture est un vrai travail et que cela va vous prendre du temps.

 

Rédiger une scène type d'un roman d'aventure
Rédiger une scène type d’un roman d’aventure

 

Supposons que vous soyez professeur de cycle 3 et que vous ayez por objectif pédagogique d’amener vos élèves à produire un écrit et à travailler ensemble. Vous avez choisi pour cela de suivre les recommandations ministérielles pour lesquelles :

La création d’un ebook illustré et la rédaction d’un roman d’aventure collaboratif permettent de travailler des compétences de compréhension et d’écriture, ainsi que des compétences sociales. 

Pour atteindre cet objectif, il convient sans doute de commencer par voir avec vos élèves comment se compose un chapitre, voire même, encore plus simplement, une scène type d’un roman d’aventure. Ce qui permet de travailler posément sur la mise en place, entre autres, d’une description ou d’un dialogue

Mais, ce qui est valable pour des élèves de cycle 3 est tout aussi valable pour un auteur solitaire ou membre d’un atelier d’écriture. La scène type, reproductible ensuite à l’infini, est un excellent exercice d’entrainement. Comme avant tout départ d’une traversée en solitaire autour du monde, la rédaction d’une scène type d’un roman d’aventure permet de faire tous les réglages nécessaires avant le grand départ proprement dit.

 

S’imprégner de l’esprit des romans d’aventure

Pourquoi c’est important 

Les romans d’aventure constituent un genre littéraire à soi-seul. Ou plus exactement un sous-genre, si on considère qu’il y a, en gros, 5 genres littéraires : le genre narratif, auquel appartient naturellement, de nos jours, le roman d’aventure, le genre poétique, le genre théâtral, le genre argumentatif et le genre épistolaire.

Le genre narratif, qui accueille le sous-genre aventures, accueille aussi à ses côtés, notamment, les sous-genres « policier », « psychologique », « historique », « fantastique », « romance », et « science-fiction ». 

Et à l’intérieur du sous-genre roman d’aventure, on peut également trouver une multitude de nouvelles catégories. Aventures historiques, sur mer, sur terre, solitaires, collectives, policières, etc. Comme on n’écrit bien que ce qu’on aime, il est important de se référer en permanence aux romans d’aventure dont on garde un souvenir bien vivant. Ce n’est pas pour rien. Ils sont d’incomparables sources d’inspiration.

Et aucun risque de plagier qui que ce soit. Même si l’histoire que vous racontez est très proche d’un de ces romans, votre style ne sera jamais identique à celui d’aucun d’entre eux. Quoique vous fassiez. Vous pouvez peindre comme Rubens, vous ne serez jamais Rubens. Rassurant, non ? L’art reste personnel, quoiqu’il advienne. L’art d’écrire comme les autres arts.

 

Exemples de romans d’aventure

 

BERNARD PIVOT
Bernard Pivot

 

Dans sa bibliothèque idéale de romans d’aventure de Bernard Pivot, le célèbre critique littéraire, a distingué 48 ouvrages. Les 10 premiers sont les suivants :

  • Lord Jim, de Joseph Conrad.
  • Robinson Crusoé, de Daniel Defoe.
  • Le Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas.
  • L’Odyssée. d’Homère.
  • Fortune carrée, de Joseph Kessel.
  • Kim, de Rudyard Kipling.
  • L’appel de la forêt, de Jack London.
  • L’île au trésor, de Robert Louis Stevenson.
  • Le trésor de la sierra Madre, de B. Traven. 
  • Michel Strogoff, de Jules Verne.

On peut, bien sûr, se référer à d’autres listes. Comme celle des lauréats du prix du roman de l’aventure. Il date de 1930 et , à l’origine, il était centré plutôt sur les romans policiers. C’est en le recevant chacun pour un ouvrage, en 1948, que Boileau a rencontré Narcejac et que la série des livres à quatre mains signés par Boileau-Narcejac a pu prendre son envol.

Aujourd’hui, il a la particularité de mêler intrigues policières et aventures

Les cinq derniers prix ont été attribués à :

  • Caatinga, de Patrick Tringale,
  • Fouta street, de Laurence Gavron,
  • La porte d’ivoire, de Serge Brussolo,
  • Dans l’oeil de Jaya, de Jean Ely Chab,
  • Minuit dans le jardin du manoir, de Jean-Christophe Portes. 

 

 

Le roman d’aventure, en bref 

Le roman d’aventure dans sa forme actuelle est relativement récent. On peut en dater précisément l’origine avec l’histoire de Robinson Crusoé écrite par Daniel Defoe et publiée pour la première fois en 1719. Mais, le principe du roman d’aventure accompagne l’humanité au moins depuis qu’elle s’est mise à écrire et peut-être même avant.

En tout cas, c’est bien dans cette catégorie que l’on peut classer, par exemple, les chansons de geste ou les romans courtois, en langues romanes ou les chants de l’Illiade et de l’Odyssée, d’Homère. A la base, on retrouve toujours les mêmes ingrédients, des personnages de fiction, une lutte entre le bien et le mal, etc. 

Quoiqu’il en soit, un bon roman d’aventure est plus qu’un roman pour enfant ou qu’un roman pour adolescent. Et, on y trouve souvent, entre autres, une illustration des oppositions pouvant exister entre classes sociales. De ce fait, la lecture d’un tel roman peut se faire à tout âge. Pour peu, cependant, qu’il ait été construit dans ce sens.

Mais, pour un auteur, la meilleure façon pour écrire un roman d’aventure est de l’écrire en ayant en tête les récits d’aventure qu’il aime. Puis, d’avoir la volonté de l’imprimer. Pour le tenir entre les mains. Mais aussi, pour être certain d’aller jusqu’au bout de son projet. Et pour cela rien ne vaut l’autoédition, ça n’a jamais été si peu cher.

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