Les statistiques vont toutes dans le même sens. Écrire n’a jamais été aussi attirant.

Les manuscrits ou plutôt les tapuscrits s’amoncèlent sur les tables des comités de lecture des maisons d’édition. Mais qu’est-ce qui pousse donc tant d’auteurs a tenté l’aventure du métier d’écrivain, à vouloir se faire éditer ?

Que peuvent-ils réellement en attendre ? Pourquoi sont-ils de plus en plus nombreux à rechercher d’autres voies que celle de l’édition classique pour satisfaire leur passion ?

Telles sont, parmi d’autres, les questions que se posent inévitablement tous les observateurs du secteur de l’édition. Les réponses qu’ils peuvent y apporter ne peuvent manquer d’intéresser les écrivains en herbe.

Ne serait-ce que pour mieux s’orienter dans le dédale de l’édition et peut-être aussi pour mieux comprendre les ressorts de l’écriture à succès.

 

Quelles sont les attentes de l’écrivain ?

On peut placer cette question sous tous les angles possibles et imaginables, les réponses se situeront toujours sur trois plans. L’écrivain écrit pour se faire plaisir, pour transmettre son imaginaire et ses pensées à des lecteurs, et pour avoir du succès.

Voyons en détail chacun de ces aspects du métier d’écrivain.

 

L’écrivain écrit pour son plaisir personnel

C’est le fondement même du processus d’écriture et du métier d’écrivain. Peut-on imaginer un écrivain qui se lance dans l’écriture malgré le fait que cela ne lui procure aucun plaisir ?

Non, bien sûr. Quoiqu’on puisse toujours trouver des exceptions.

Le livre peut être, aussi, une commande et le sujet éloigné des préoccupations de l’auteur.  Mais, même ainsi, pour arriver au bout, il faut aimer écrire.

 

Aimer écrire, c’est aimer jouer avec les mots. C’est aimer formuler des idées et les articuler en un tout cohérent et démonstratif.

Écrire, c’est être comme un magicien qui fait surgir à partir de ses rêves, d’un coup, celui d’une baguette magique, tout un univers romanesque, avec ses héros et son humanité. Écrire, c’est être certain de pouvoir conserver le souvenir d’évènements vécus et de pallier les défaillances de la mémoire.

Selon le but poursuivi et le plaisir attendu, l’écrivain se concentrera alors sur le fond plutôt que sur la forme, et inversement. Ayant une bonne expérience du métier d’écrivain et prêt à passer à la phase suivante, celle du lectorat, il fera attention à la forme et au fond de ce qu’il écrit.

S’il ne le fait de lui-même, la relecture correction par un tiers ne manquera pas de l’y inciter.

 

L’écrivain écrit pour des lecteurs

Certes, Virginia Woolf a dit dans une formule restée célèbre :

 

écrire est le véritable plaisir, être lu est superficiel
Êtes vous d’accord ?

 

 

C’est écrire qui est le véritable plaisir, être lu n’est qu’un plaisir superficiel.

 

Même si elle privilégie le pur plaisir d’écrire, il n’en reste pas moins que la grande dame de la littérature anglaise ne dédaigne pas le plaisir d’avoir des lecteurs. C’est vrai que ce plaisir peut être superficiel.

Car, qu’est-ce que l’écrivain sait au juste des raisons pour lesquelles un lecteur aime son livre ?  Peut-être que s’il le savait précisément, cela ne lui ferait pas tant plaisir.

 

Mais, ces raisons, quelle qu’elles soient, au fond, importent peu. Une fois livrée au public, une œuvre n’appartient plus à son auteur.

Elle a une existence qui lui est propre. Elle fait partie du monde de la littérature et de ses différents genres comme, par exemple, le fantastique, la science-fiction ou les romans.

Et c’est cela qui peut être fascinant. Lors des séances de dédicace qui le confrontent à son public, un auteur est souvent surpris de la manière dont son œuvre est interprétée.

 

En général, il laisse dire et écoute. Il peut alors découvrir des aspects sur lui-même et son histoire qu’il n’avait fait qu’entrevoir et qui soudain prennent un relief particulier.

De là, un nouveau plaisir que seul des lecteurs peuvent procurer. Et pour cela, il suffit qu’il y en ait au moins un.

 

Un écrivain aime avoir du succès

Voilà un point sur lequel, souvent, un écrivain n’aime pas s’étendre. C’est que l’image de l’artiste désintéressé, ne vivant que pour son art, a encore la vie dure.

Pourtant, les choses évoluent. Comme dans bien d’autres domaines, le succès d’un écrivain se mesure en notoriété et surtout en droits d’auteur.

Et la réussite de quelques-uns fait rêver des dizaines de milliers d’autres.

Ils ne peuvent s’empêcher de voir dans leur projet d’écriture la promesse d’une vie bientôt libérée des contraintes communes. Après tout, les exemples ne manquent pas d’auteurs inconnus hier, aux prises avec une existence difficile, et passant de l’obscurité à la lumière, du jour au lendemain, par la grâce d’un livre écrit sur la table d’un café.

Cela ne vous rappelle-t-il pas un certain Harry Potter et une certaine J.K Rowling ?

 

Un livre, ça peut rapporter gros

Sans atteindre ces sommets, un livre qui se vend peut rapporter gros et en tout cas, un peu quelque chose qui facilite la vie. Ce n’est pas Pascal Bruckner, auteur, entre autres, de « La sagesse de l’argent » qui dira le contraire.

C’est grâce aux revenus qu’il tire de l’écriture qu’il annonce fièrement :

 

J’ai toujours préféré ma liberté aux séductions du pouvoir, aux servitudes d’une carrière. Et si je me sens privilégié, c’est un privilège que j’ai moi-même forgé. N’étant ni un héritier, ni un financier, je n’ai jamais été assez riche pour oublier l’argent, ni assez pauvre pour le négliger.

 

Mais au-delà de ces trois bonnes raisons pour écrire un livre, il n’en reste pas moins que le chemin de l’idée à la réalisation et au succès est long et semé d’embûches. Gare aux désillusions !

Autant le savoir avant de commencer à écrire, mais il en est ainsi pour toute ambition ou entreprise. Et on peut toujours s’en prémunir. C’est cette idée qui a fait le succès de l’ouvrage majeur de Stephen R. Covey « Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent.« 

 

Une réalité moins glorieuse ou les difficultés du métier d’écrivain et de l’édition

Les difficultés que rencontrent les écrivains sont de deux ordres. Les premières sont liées à l’écriture elle-même, les secondes à l’édition.

 

 

difficultés du métier d'écrivain et de l'édition
De nombreux doutes apprraissent lorsque l’écrivain se confronte à la réalité : maison d’édition, marché, concurrence,…

 

Les difficultés de l’écriture et du métier d’écrivain

Trouver un cadre propice à l’écriture

Écrire ne vient pas comme ça. En claquant des doigts.

Certains moments sont propices à l’écriture et d’autres ne le sont pas. Il y faut aussi un environnement adéquat.

Il y a des endroits où ce n’est même pas la peine d’y songer. Vous, écrivain débutant, vous perdriez à coup sûr votre temps.

Trop de bruit, trop de négativité. Ce dernier aspect est souvent négligé.

Mais, enfin, vous entendre dire à chaque instant que vous n’allez pas y arriver n’est sûrement pas porteur, même si vous avez un caractère bien trempé. Pour y échapper, il ne vous reste la plupart du temps que la fuite.

 

Noircir la page blanche

Ce n’est pas tout. Reste le plus difficile : noircir la page blanche.

Ce n’est pas parce que les questions de moment et d’endroit ont été réglés au mieux, que tout va bien se passer. Écrire est un métier.

Aimer écrire est une chose, écrire quelque chose qui soit intéressant et agréable à lire en est une autre. Si l’objectif est d’écrire un livre pour un petit cercle familial et amical, un livre de souvenirs, par exemple, l’essentiel est de bien l’illustrer et de présenter les faits de manière ordonnée, avec le souci de la chronologie.

 

Pratique des « creative writings »

Si l’objectif est d’avoir un grand nombre de lecteurs inconnus, là, il faut de l’expérience et de l’attention. Le métier d’écrivain, ça s’apprend aussi.

Avoir fait auparavant de nombreux essais d’écriture, avoir lu un guide pour devenir écrivain, sont sûrement de bonnes entrées en matière. Participer aux séances d’un atelier d’écriture en est une autre.

C’est encore assez nouveau en France, mais la pratique des « creative writings », dont elles s’inspirent, est une pratique courante aux États-Unis. De grands auteurs les ont suivis et d’autres n’hésitent pas à les animer.

Cela dit, avoir le soutien d’un bon relecteur correcteur est aussi une autre façon d’améliorer constamment son style et d’éviter les passages ennuyeux. Ce peut être une personne de confiance de l’entourage de l’écrivain ou un coach en écriture dont les prestations sont rémunérées.

 

Les difficultés de l’édition

L’écriture n’est pas simple, l’édition l’est encore moins. Première pensée de l’auteur qui veut être publié : à quelle maison d’édition s’adresser ?

Et comme, en général, il ne sait pas laquelle, il ne tarde pas à décider à envoyer son manuscrit à toutes celles qu’il connait ou peut connaître et dont la spécialité recouvre la thématique de son livre. Sans trop se préoccuper de leur politique éditoriale.

Et pourtant celle de Gallimard n’a rien de comparable à celle de France Loisirs, par exemple.

 

L’édition classique

C’est un gros travail. Chacune de ces maisons d’édition a des consignes de lecture qui lui sont propres. Certaines ne veulent que des extraits numériques et d’autres que des tapuscrits respectant une mise en page particulière.

Et ça peut rapidement coûter cher avec les frais d’envoi. Le tout pour un résultat très aléatoire. L’histoire de l’édition abonde de ces récits de textes, rejetés à peine arrivés sur la table du comité de lecture, récupérés par le plus grand des hasards et qui s’avèrent, pour finir, de grands succès.

Par conséquent, il ne reste plus qu’à l’auteur qui veut être absolument publié et s’affranchir des fourches caudines des comités de lecture qu’à explorer les méandres de l’édition parallèle. Et là, il lui faut naviguer entre les propositions d’édition à compte d’auteur et celles des plateformes d’autoédition.

Même si ces propositions sont très différentes les unes, des autres, elles impliquent, les unes et les autres, un travail auquel l’auteur n’est pas préparé : celui de la distribution et de la promotion.

 

L’édition alternative

Le fait est que si les maisons d’édition traditionnelles sont difficiles à convaincre et ne paient pas très bien, elles ont au moins cet avantage, qu’une fois signé son contrat d’édition, l’auteur ne s’occupe plus de rien. Sinon de suivre le décompte de ses droits d’auteur et de participer à d’éventuelles tournées promotionnelles dans des librairies.

Il n’en va pas de même pour l’édition à compte d’auteur et l’autoédition. La première représente un investissement financier non négligeable. De plus, elle nécessite des compétences en gestion de stock, de publicité, de marketing et de distribution.

La seconde est beaucoup plus abordable, c’est pourquoi elle connait un essor fulgurant, mais elle implique aussi des compétences autres que celles de savoir écrire. Pour ces raisons, elle mérite qu’on s’y arrête un instant.

 

Un plus pour le métier d’écrivain : l’autoédition

Les avantages de l’autoédition

L’autoédition fait penser à l’édition à compte d’auteur, mais elle n’a rien de commun. Les impressions papier se font à la demande et le texte du livre est référencé gratuitement sous sa forme numérique.

S’il est vendu sous cette forme, son prix de vente est naturellement moindre, mais cela n’a pas d’incidence sur la commission reversée à l’auteur. La plupart du temps, celle-ci est plus élevée que la part revenant à l’auteur après l’impression « papier ».

Dans ces conditions, l’autoédition peut devenir une source de revenus complémentaires non négligeable. Sans atteindre de hauts niveaux, ces revenus peuvent améliorer sensiblement l’ordinaire de l’auteur, sans qu’il lui soit nécessaire de vendre plusieurs milliers d’exemplaires de son livre. Souvent, plusieurs dizaines suffisent pour cela.

L’autoédition a donc tout pour séduire. D’autant plus que la simplicité de sa mise en œuvre et les revenus complémentaires qu’elle permet ne sont pas ses seuls avantages.

En étant référencé gratuitement dans la bibliothèque d’une plateforme comme CoolLibri, l’auteur peut être également vu par des éditeurs classiques. Beaucoup d’entre eux, en effet, consultent régulièrement les sites d’autoédition à la recherche d’une éventuelle perle rare.

Et ça marche ! Amazon, par exemple, l’a bien compris. C’est ainsi qu’ont commencé certains auteurs qui, aujourd’hui, trustent les premières places dans les classements des meilleures ventes.

 

Les inconvénients de l’autoédition

Pas de comité de lecture

Sans être prohibitifs comme peut l’être, la plupart du temps, l’édition à compte d’auteur, les inconvénients de l’autoédition n’en sont pas moins réels. Le premier d’entre eux, qui n’en est pas un pour beaucoup d’auteurs, est l’absence de comité de lecture.

Un comité de lecture n’est pas forcément ce Cerbère, que l’on voudrait y voir, qui s’oppose en permanence à l’épanouissement des talents, quand il refuse l’œuvre géniale qu’on lui a envoyé. C’est aussi un garde-fou.

Ses conseils et ses critiques peuvent être bien utiles pour améliorer son style et sa perception par les lecteurs.

 

Des compétences d’autoentrepreneur

L’autre inconvénient, c’est que, pour que ça marche, il faut un minimum de compétences supplémentaires qui n’ont rien à voir avec l’écriture. Il faut que l’auteur soit, par exemple, capable d’assurer la promotion de son livre.

 

Autoentrepreneur en édition
Autoentrepreneur et autoédition : plusieurs métiers à chaque étape de vie d’unlivre.

 

 

 

S’il ne le fait pas, ce n’est pas la plateforme qui le fera. Ce qui revient à dire, qu’il lui faut, sans doute, créer et animer un média tel qu’un blog personnel ou un compte twitter.

Qui dit blog, dit référencement naturel ou SEO. Un blog qui n’est pas référencé par les moteurs de recherche comme Google n’est pas très utile.

Et pour qu’il le soit, il faut l’alimenter régulièrement en articles de qualité. Ce n’est pas une mince affaire.

 

Dernier inconvénient. La logistique.

Là encore, l’auteur va devoir s’impliquer. Il peut bien sûr demander à la plateforme d’assurer les livraisons, une fois les commandes passées.

Il n’en demeure pas moins qu’il va lui falloir en faire le suivi comme n’importe quel vendeur par correspondance. Ce qui a également comme conséquence de l’amener à faire le choix de déclarer les bénéfices qu’il tire de ses ventes en bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et non en bénéfices non commerciaux (BNC), comme c’est le cas quand ses revenus, issus de l’édition, proviennent pour l’essentiel de droits d’auteur.

La loi fiscale peut paraître bien difficile à suivre dans certains cas et le statut du métier d’écrivain autoédité paraître bien fluctuant.

 

La grande règle de l’écriture et du métier d’écrivain

Finalement, la grande règle de l’écriture, celle que tout auteur devrait graver sur son ordi, c’est Bernard Weber qui l’a formulé :

L’écrivain doit prendre du plaisir à écrire pour que le lecteur ait du plaisir.

En disant cela, Bernard Weber, dont les livres font toujours un tabac souligne bien ce que peut être la recette du succès pour un écrivain. Le plaisir, d’abord pour lui-même.

Un livre douloureux à écrire et dont le sujet est aussi douloureux ne prend guère la direction du succès. Le plaisir ensuite du lecteur.

Grâce à une histoire qui se tienne, mais aussi, grâce à la petite musique que savent jouer des mots et des phrases bien maîtrisées.

 

4 comments

  1. Depuis quelques Années, je me dis que je voudrais écrire sur ma vie.
    Quand j’en parle a l’extérieur, aux amis, ils me disent « vas y vraiment c est Génial Ça va cartonner « 
    Mais par quel bout je commence je range mes Idées ou ?

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